Bookmakers : le making-of de la littérature· Folge 42

Sophie Divry : Battons pavillon (2/3)

Mittwoch, 20. Oktober 2021 · 37 min

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Shownotes

Battons pavillon<p>Bookmakers #13 - L’écrivaine du mois : Sophie Divry <br>
Née en 1979 à Montpellier, Sophie Divry vit et travaille à Lyon. Diplômée de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, cette « catho de gauche » de 42 ans a d’abord musclé ses convictions écologiques anticapitalistes dans les colonnes du journal « La Décroissance », avant d’être « dévorée » par le désir d’écrire. Consciente que le roman est, selon les mots de Virginia Woolf, « la plus indépendante, la plus élastique et la plus prodigieuse des formes littéraires », celle qui déteste les voitures a mis le turbo et signé huit livres depuis 2010, dont le très remarqué « La Condition pavillonnaire » (2014, éditions Noir sur Blanc). Au printemps 2021, elle a publié « Curiosity » suivi de « L’Agrandirox » et sa mémé confinée, une nouvelle aussi drôle et bizarre qu’un épisode de « La Quatrième Dimension ».<br><br>
En partenariat avec <a href="babelio.com/"; target="_blank">Babelio.</a></p>
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<p>(2/3) Battons pavillon</p>
<p>Dans « La Condition pavillonnaire » (Noir sur Blanc, 2014), Sophie Divry suit, sur toute une vie, les désirs puis l’ennui métaphysique d’une femme incapable de se dire heureuse. Demandez le programme : « D’abord devenir propriétaire, puis aménager, puis se reproduire » dans la « voie sans issue » du pavillon familial. Hélas, au sein de ce faux remake contemporain de « Madame Bovary », M. A. déprime sec, dans la cuisine aussi fort qu’au boulot. Elle cherche des exutoires (yoga, adultère, engagement dans l’humanitaire) en imaginant combler la « béance » de son existence par un « capital de sensations pures » ; elle veut que la société la « remplisse ». « Cela pose la question du bonheur », dit l’autrice, de « l’idéal d’une vie réussie ». M. A. a fait tout ce que la société lui demandait, mais à mi-parcours, « elle ne sait plus quoi faire d’elle-même ».</p>
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<p>Ce grand roman triste (vendu à seulement 8000 exemplaires) remportera la mention spéciale du prix Wepler. La densité de son regard, sa puissance émotionnelle, son acuité psycho-sociologique qui emprunte autant à Simone de Beauvoir qu’aux « Choses » de Georges Perec, font que la tentation d’offrir en masse une telle œuvre est énorme. Mais on hésite : cette histoire ordinaire pourrait bien flinguer le moral de personnes persuadées d’être « normales ». Pour encourager les indécis.es qui risqueraient de louper l’un des romans français majeurs de la décennie, où chaque phrase semble abriter « une bombe », visitons sans condition, dans ce deuxième épisode, toutes les pièces de ce pavillon.</p><p>Enregistrement <br>
avril 2021</p>
<p>Entretien, découpage <br>
Richard Gaitet</p>
<p>Prise de son, montage <br>
Sara Monimart</p>
<p>Lectures <br>
Chloé Assous-Plunian, Christophe Brault, Emma Broughton</p>
<p>Réalisation, mixage <br>
Charlie Marcelet</p>
<p>Musiques originales <br>
Samuel Hirsch</p>
<p>Flugabone <br>
Brice Perda</p>
<p>Illustration <br>
Sylvain Cabot</p>
<p>Production <br>
ARTE Radio</p>

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