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Pourquoi le CO₂ bat-il encore des records ?

Dienstag, 3. November 2026 · 3 min

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En 2025, chaque million de molécules d'air contenait en moyenne près de 427 molécules de dioxyde de carbone. Une proportion qui paraît minuscule, mais qui suffit à modifier durablement l'équilibre thermique de notre planète. Et cette concentration n'avait jamais été aussi élevée depuis le début des mesures modernes.

Le 27 octobre, l'Organisation météorologique mondiale, une agence des Nations unies, a publié son nouveau bilan des gaz à effet de serre. Le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote ont tous atteint des concentrations records en 2025. Le CO₂ est particulièrement préoccupant. Sa concentration moyenne s'établit désormais à 426,8 parties par million, soit 53 % de plus qu'avant l'industrialisation. Elle a progressé de 2,8 parties par million en un an, un rythme supérieur à la moyenne de la dernière décennie.

Pour comprendre ces chiffres, il faut distinguer deux phénomènes souvent confondus : les émissions et les concentrations. Les émissions correspondent aux gaz que nous rejetons chaque année, notamment en brûlant du pétrole, du charbon ou du gaz naturel. La concentration représente la quantité qui s'est accumulée dans l'atmosphère au fil du temps. Une partie du CO₂ émis est absorbée par les océans, les forêts et les sols. Mais environ la moitié demeure dans l'air. Même si les émissions commencent à diminuer, la concentration peut donc continuer d'augmenter tant que nous rejetons davantage de CO₂ que les milieux naturels n'en retirent.

Et les mécanismes naturels d'absorption ne sont pas infaillibles. Les sécheresses, les incendies et les températures élevées peuvent réduire la capacité des écosystèmes à capter le carbone, voire provoquer des rejets supplémentaires. Le nouveau bulletin montre également que le méthane atteint une concentration moyenne de 1 948 parties par milliard. Ce gaz provient notamment de l'exploitation des énergies fossiles, de l'élevage et des zones humides. Sa durée de vie est plus courte que celle du CO₂, ce qui rend la réduction de ses émissions particulièrement intéressante pour ralentir le réchauffement à relativement court terme. Le protoxyde d'azote, associé notamment aux engrais agricoles, atteint lui aussi un record.

Ces résultats arrivent quelques jours avant la COP31, organisée du 9 au 20 novembre en Turquie, où les gouvernements doivent poursuivre leurs négociations climatiques. Les concentrations mesurées en 2025 ne signifient pas que les politiques climatiques n'ont produit aucun effet. Elles montrent cependant que les efforts engagés n'ont pas encore suffi à interrompre l'accumulation mondiale de gaz à effet de serre.

Source : Organisation météorologique mondiale (public.wmo.int/resources/publication-series/gr…)
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