T'as qui en Histoire ?· Staffel 2· Folge 60

Les chocs pétroliers [REDIFF]

Montag, 26. Oktober 2026 · 15 min

MP3

Shownotes

L’augmentation du prix du diesel et de l'essence que l’on connaît actuellement n’est pas un phénomène nouveau.
En 1973 et en quelques mois, le prix du baril est multiplié par 4.
Alors que la situation économique se rétablit tant bien que mal, un 2nd choc pétrolier accentue les effets du premier en 1979.
Les économies occidentales qui connaissaient depuis 1946 « les Trente Glorieuses », entrent alors dans une crise durable.
Et pourtant, celle-ci ne s’explique pas seulement par ces chocs pétroliers.
Voyons ce que sont les chocs pétroliers et quelles en sont les conséquences.

#3ème #Terminale

✉️ Contact: tasquienhistoire@gmail.com

*** Sur les réseaux sociaux ***
Facebook : facebook.com/TasQuiEnHistoire
Twitter : @AsHistoire (app.ausha.co/app/show/46456/episodes/preview/7…)
Instagram : @tasquienhistoire

*** Credits Sons

YouTube
* Lets Twist and Roll royalty free music - no copyright
@BILLYBONGrecords
youtube.com/watch?v=TPkUnwWe15I
* Trailer Thriller Intro by Infraction [No Copyright Music] / Escape
@Inaudio / No Copyright Music / Stream Safe Music
youtube.com/watch?v=ndZEhi9p9DY&list=PL7pk…
* « on n'a pas de pétrole mais on a des idées »
@Thomas Villers
youtube.com/watch?v=wL3gUEm9gLw
* (No Copyright Music)Thriller/Suspense/dark/mystery/investigation and tension background music
@Power Music Factory
youtube.com/watch?v=ALQO1d_-vfU&list=PLqi5…
* Des Trente Glorieuses à trois décennies de crise (Francetv)
@Arnaud Arrizabalaga
youtube.com/watch?v=wCKqOVa2azU&t=90s

Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transkriptvom Podcast bereitgestellt · Zeitmarken springen hin

Les chocs pétroliers Bonjour à tous. L'augmentation du prix de l'essence que l'on connaît actuellement n'est pas un phénomène nouveau. En 1973, les pays occidentaux, dont l'économie était alors très dépendante du pétrole, subissent un terrible choc pétrolier. En quelques mois, le prix du baril est multiplié par 4.

Alors que la situation économique se rétablit tant bien que mal, un deuxième choc pétrolier accentue les effets du premier en 1979. Les économies occidentales, qui connaissaient depuis 1946 une période de forte croissance, que l'on appelle les 30 glorieuses, entrent alors dans une crise durable. Et pourtant, celle-ci ne s'explique pas seulement par ces chocs pétroliers.

Alors oui, si ces derniers restent dans la mémoire collective, comme la cause majeure de la crise qui s'installe après 1973, ils sont en fait la face émergée d'un iceberg de difficultés beaucoup plus profondes. Voyons donc ce que sont les chocs pétroliers et quelles en sont les conséquences. À partir de 1946, les pays occidentaux et certains pays asiatiques connaissent une période économique exceptionnelle.

Des pays comme les Etats-Unis, le Japon, la France et l'Allemagne, par exemple, connaissent une croissance économique très forte. En clair, chaque année, ils produisent beaucoup plus de richesses que l'année précédente. C'est la prospérité, le plein emploi. Le chômage est à des niveaux très bas. Cette croissance s'appuie sur une hausse de la production industrielle et de la productivité, mais aussi sur le baby-boom et ses effets.

La hausse de la consommation, et plus largement les changements de la société. Jean Fourastier, un économiste français, a qualifié cette période en disant qu'il s'agit des « 30 glorieuses » . Alors en fait, c'est un jeu de mots qui fait allusion aux « 3 glorieuses » , le nom que l'on donne aux « 3 glorieuses journées » de Révolution de 1830, mais la période durant une trentaine d'années, cela devient donc les « 30 glorieuses » .

Pourtant, dès la fin des années 60, certains facteurs témoignent de l'essoufflement de la croissance économique des pays occidentaux. Le chômage connaît une lente hausse. L'inflation, c'est-à-dire la hausse des prix, est très élevée. Le modèle tayloriste de production, travail à la chaîne, salaire au rendement, est beaucoup moins performant qu'auparavant.

Et surtout, il y a de nouvelles concurrences qui viennent des pays du tiers-monde. Mais la cause principale, c'est la fin du système de Bretton Woods en 1971. Les Américains, effectivement, sont alors confrontés à une concurrence asiatique très importante, venue notamment du Japon. Alors l'exemple classique, ce sont les voitures japonaises qui commencent à inonder le marché américain.

Parce qu'elles sont globalement très bien finies, moins chères et plus intéressantes en termes de rapport qualité-prix que les voitures américaines. Alors le président Nixon veut d'un côté limiter ses importations étrangères pour protéger son industrie nationale et de l'autre il veut rendre les produits américains beaucoup plus intéressants à acheter à l'étranger, notamment en les rendant moins chers.

Mais les américains sont pénalisés par le système de Bretton Woods, notamment le dollar dans ce système. est une monnaie forte et c'est surtout la seule monnaie convertible en or. Donc, sans rien demander à personne, unilatéralement comme on dit, Nixon décide plusieurs choses. D'abord, imposer des taxes de 10% sur les importations.

Ensuite, arrêter la convertibilité en or du dollar. Et troisièmement, baisser sa valeur. C'est ce que l'on appelle une dévaluation. Cela entraîne un désordre monétaire généralisé. Comme le résume John Connolly, le secrétaire au Trésor américain, aux Européens qui s'inquiètent de la situation, je cite « Le dollar est notre monnaie, mais c'est votre problème » .

Et donc, c'est un contexte économique déjà fragile. Et c'est dans cette instabilité qu'intervient la guerre du Kipour. Le 6 octobre 1973, la Syrie et l'Egypte déclenchent une attaque surprise contre Israël, le jour de la fête religieuse du Kippour. Bon, c'est en quelque sorte la réplique de l'attaque surprise israélienne lors de la guerre précédente, celle des six jours, en 1967.

Les États-Unis viennent immédiatement en aide à Israël en lui livrant des armes. Mais en représailles, les États arabes, membres de l'OPEP, l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, décide, lors d'une réunion des 16 et 17 octobre 1973, d'augmenter de 70% le prix du baril de brut. Bon, le baril, c'est l'unité de mesure commune du pétrole.

C'est environ 159 litres. Et donc, en octobre 1973, le prix du baril de pétrole augmente de 70%. Et pire encore, les pays producteurs décident de réduire chaque mois leur production de 5%. Je cite tant que la... communauté internationale n'aura pas forcé Israël à évacuer les territoires occupés en 1967.

Le pétrole devient donc une arme géopolitique, un moyen de pression politique sur les occidentaux et aussi un moyen de pression économique. Bon oui, les pays producteurs de pétrole reprennent aussi la main sur leur production face aux compagnies occidentales en imposant leur prix et en imposant un niveau de production.

La conséquence est très simple. Entre octobre 73 et janvier 74, donc en 3-4 mois, le prix du baril est multiplié par 4. Il passe de 2,32$ à 9$. Et à partir du 28 octobre, les Etats-Unis, qui sont jugés comme étant les premiers soutiens d'Israël, sont touchés par un embargo pétrolier. Clairement, les pays producteurs refusent désormais de leur vente du pétrole.

La conséquence est rapide, les stations d'essence américaines sont à sec très vite. C'est un choc pétrolier, c'est-à-dire des conséquences négatives qui se produisent sur l'économie mondiale suite à une forte hausse du prix du pétrole. Les pays industrialisés prennent alors conscience de leur énorme dépendance énergétique au pétrole.

Cette pénurie... Le pétrole provoque aussi une sorte de panique et les prix augmentent très fortement. Alors on crée une agence internationale de l'énergie pour gérer cette crise d'approvisionnement. Le 18 mars 1974, l'embargo est levé. Mais ce choc pétrolier a installé durablement les économies mondiales dans une crise économique.

Laquelle crise entraîne l'apparition et la montée du chômage dans les pays riches et dépendants du pétrole. Alors de nombreux pays se lancent alors dans des campagnes d'économie d'énergie ou de développement de sources d'énergie alternative, comme en France, où le gouvernement prétend « En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées. » Ainsi, décidé dès novembre 1973, et en réaction à ce choc pétrolier, le programme de construction de 13 centrales nucléaires est chargé de réduire la facture énergétique du pays, qui dépend beaucoup trop de l'or noir.

Et cela ne sauve certes pas Pas seulement en France, beaucoup de pays se lancent aussi dans le développement du nucléaire civil et des énergies alternatives. Alors il y a aussi des mesures d'économie d'énergie qui sont décidées, comme le programme intitulé Chasse aux gaspilles en France. Et même certaines mesures qui sont un peu anecdotiques avec le recul.

On va arrêter les émissions de télé après 23h, on va éteindre les vitrines la nuit dans les magasins, ou on limite la vitesse sur les autoroutes. Quoi qu'il en soit, à partir de 1976, une lente reprise économique est en train de s'amorcer. Bon, elle ne va pas durer très longtemps. Trois ans plus tard, un deuxième choc pétrolier éclate, en 1979, suite à la révolution iranienne.

Alors, une révolution politique, des troubles politiques dans l'un des plus grands pays pétroliers de la planète. Rappelons que les gisements iraniens sont à l'origine de la puissante société britannique BP. Et donc, la production mondiale de pétrole est largement affectée. Et la situation s'aggrave avec la guerre qui éclate en 1980 entre l'Iran et son voisin l'Irak, qui est un autre pays pétrolier.

Et là, le prix du baril du pétrole connaît une hausse à nouveau très importante. Pour vous situer, en 1980, le prix du baril est arrivé à un tarif 20 fois plus élevé qu'il était en 1972. Il est passé ainsi de 2,5 dollars à 40 dollars. Ces chocs pétroliers entraînent une crise mondiale. mais qui touche surtout durement les pays industrialisés occidentaux.

Cette crise révèle leur forte dépendance et la surconsommation énergétique vis-à-vis du pétrole. Ben oui, leur économie était largement basée sur une énergie fossile qui était clairement très peu coûteuse jusqu'en 1973. On ne cherchait pas du tout à l'économiser vu le prix très bas de cette énergie. La production industrielle baisse, la croissance ralentit, l'inflation dépasse les 10%.

On parle alors de stagflation, c'est-à-dire une stagnation de la croissance et une inflation très élevée. Et dans le pire des cas, on parle même de récession, c'est-à-dire régression, un ralentissement de l'activité économique d'un pays. Les industries les plus traditionnelles, la sidérurgie, le textile, l'automobile, sont particulièrement touchées.

Les usines ferment les unes après les autres. On parle déjà de désindustrialisation. Ce qui a des très graves conséquences pour les régions concernées qui perdent leur principale activité. C'est le cas dans le nord et l'est de la France, des Midlands au Royaume-Uni, de la Wallonie en Belgique ou de la Manufacturing Belt aux Etats-Unis.

Les pays occidentaux se font aussi de moins en moins concurrentiels et ils perdent des parts de marché face au Japon et face à ce qu'on appelle les nouveaux pays industrialisés ou aussi les 4 dragons asiatiques. La Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour. Quant aux pays pétroliers, la hausse des prix leur assure des revenus nettement plus confortables et leur permet un développement accéléré.

Pensons aux Émirats du Golfe Persique, par exemple, comme le Qatar. En fait, la mondialisation se développe avec de nouveaux acteurs et une concurrence accrue. C'est un peu économiquement la fin de l'âge d'or de l'Occident. Mais c'est surtout la crise. dans les pays occidentaux. Une crise qui met fin au plein emploi et qui entraîne rapidement un chômage de masse.

Chômage de masse qui va toucher les jeunes, les femmes, les immigrés, les ouvriers et les personnes peu qualifiées. Les prix augmentent sous l'effet de l'inflation alors que les salaires stagnent du fait de la crise économique. Le pouvoir d'achat, du coup, baisse. Et la vie devient beaucoup plus difficile pour des millions de personnes avec une aggravation des inégalités sociales.

C'est bien la fin des Trente Glorieuses, une période à laquelle on se refère désormais avec nostalgie, comme le dit dans ce documentaire l'acteur Pierre Arditi. Daniel Cohen, vous êtes un économiste réputé, alors expliquez-moi, pourquoi nous avons laissé filer ce qui m'apparaît encore comme un paradis ?

Qu'est-ce qui s'est produit pour que le monde de mon enfance disparaisse, se volatilise ? Ces chocs pétroliers sont donc un révélateur de difficultés plus profondes, et surtout de la... totale dépendance au pétrole des économies jusqu'en 1973. Tous les pays importateurs vont alors chercher à réduire cette dépendance en diversifiant leurs sources d'énergie.

Les discours écologiques commencent à porter, car ils s'appuient aussi sur cette réalité économique. Les pays importateurs cherchent donc à limiter leurs achats de pétrole, surtout que son prix ne cesse de monter. D'ailleurs, à chaque événement géopolitique majeur affectant le Moyen-Orient, ou pour Merci.

toute hausse brutale du cours du pétrole, on redoute désormais un nouveau choc pétrolier. Et c'est bien le signe que le traumatisme de ces deux chocs pétroliers a été important. Alors, en parlant de hausse des prix du pétrole, précisons qu'à titre indicatif, le baril de brut de pétrole est à 110 dollars actuellement, alors qu'il n'était qu'à 2 dollars avant le choc pétrolier de 1973.

Quant à la crise qui se met en place à partir du milieu des années 70, On ne parvient pas vraiment à l'enrayer par des politiques efficaces. Que ce soit des politiques de relance de la consommation, un peu sur le modèle de Keynes dans les années 30 après la crise de 29, ou à l'inverse des politiques d'austérité, elles entraînent l'une et l'autre surtout des problèmes et des conséquences négatives.

Et c'est face à ce sentiment d'impuissance qu'apparaissent alors de nouvelles théories économiques. C'est le cas du néolibéralisme incarné au Royaume-Uni par Margaret Thatcher ou aux Etats-Unis par Ronald Reagan. Mais c'est une autre histoire. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout cet épisode. Si vous l'avez aimé, n'oubliez pas de laisser une note sur Spotify ou sur Apple Podcast et si vous le souhaitez, un petit commentaire.

Ça fait plaisir et ça permet de rendre le podcast plus visible pour de nouveaux auditeurs. Et à très bientôt pour une nouvelle page d'histoire.

0:00 / 0:00