
Les Frappés· Staffel 5· Folge 245
33 jours jusqu'au Pôle Sud, avec la maman aventurière Caroline Côté
Dienstag, 27. Oktober 2026 · 1 h 31
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Shownotes
Caroline Côté revient au micro des Frappés 6 ans après son premier épisode !
Depuis 2020, beaucoup de choses ont changé pour elle : un déménagement en Norvège, un expédition en solitaire et sans assistance jusqu'au Pôle Sud, l'arrivée d'un petit garçon dans sa vie... il était plus que temps de faire le point 😄
Dans cet épisode on parle de ce qu'il faut prête à endurer pour établir un record féminin jusqu'au Pôle Sud, de whiteout, de beurre consommé à la petite cuillère, et bien sûr d'aventures, d'inconfort, et d'histoires de Trolls.
Excellente écoute.
🔎 Caroline a écrit deux livres, publiés aux éditions Goélette (goelette.ca/attribute-produit/auteur/caroline-…).
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Je ne reconnais pas ma voix. C'est une voix qui est enrouée, c'est une voix qui est différente parce que je n'ai plus rien à donner, même ma voix est changeante. Et là, Vincent est là. J'arrive à peine à le saluer parce que je me dis, après avoir vécu tout ça en solitaire, c'est un moment où je sens que c'est complexe pour moi.
Je dois m'arrêter, c'est ça, un genou au sol pour reprendre mes esprits après.
Hello, hello, tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent, et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée de nous-mêmes qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre les micros à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur.
Pourquoi
UNKNOWN ?
Eh bien parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. parti et bien bienvenue à nouveau Caro au micro défrappé je suis super content que tu reviennes sur le podcast six ans après alors c'est marrant parce que ça fait plusieurs invités d'affilée que je reçois pour la deuxième fois quasiment jour pour jour six ans après donc là je voilà on est revenu aux premiers invités de 2020 et t'en avais fait partie six ans déjà je
suis super content que tu reviennes six ans ouais exactement donc ouais comment vas-tu ben ça va ça va super bonjour Ma vie a changé un peu depuis les dernières années. Je croyais que ça faisait un petit moment qu'on s'était parlé, mais de là à dire que ça fait six ans, j'habite maintenant dans un tout petit village en Norvège.
Je pense que quand on s'était parlé, j'étais peut-être encore à Montréal. Et voilà, maintenant, j'ai traversé et je suis rendue dans le nord de la Norvège, juste en bas des Lofoten. Je ne sais pas si tu as déjà visité.
Lofoten, non, mais j'étais à Alessune. J'ai fait une expédition entre Alessune et Bergen il y a deux, trois ans, mais je n'étais pas parti de Lofoten. Tu es où exactement? J'ai une carte sous les yeux,
là. Alors, le petit village s'appelle Neverdahl et c'est vraiment pour moi vraiment une chance parce que j'ai toujours rêvé d'habiter près de la mer. Je pensais peut-être habiter près de la mer au chaud, tout ça, mais non, finalement, je suis sur le bord d'un fjord avec des semences montagnes puis c'est une petite péninsule qui est toute petite, il y a seulement une rue sur la péninsule, et je suis dans ce fjord immense, puis c'est vraiment bien.
Aujourd'hui, il y a une tempête de vent à l'extérieur, un peu de neige, un peu de pluie, et là, on a eu un été assez pluvieux, mais avec du soleil, il fait environ 24 heures sur 24 d'ensoleillement ici. Par contre, en ce moment, la luminosité descend, Bientôt, on va avoir environ trois heures de lumière par jour
seulement. Ça va être intéressant. Parce que là, ça fait
combien de temps que vous êtes installée là avec Vincent? En fait, tu connais un peu Vincent, mon conjoint. Il fait pas mal d'expéditions polaires. Puis pour nous, c'était important, je pense, de déménager dans un endroit qui était vraiment plus, peut-être… qui se rapprochait un peu des régions polaires, puis aussi qui nous permettait d'être à la rencontre de gens qui nous inspiraient.
Vincent étant vraiment assez proche de Borgé, Ouslande. C'est un explorateur norvégien assez connu qui a fait des expéditions avec Mike Horn, par exemple. Et Vincent, lui... avait le désir d'habiter ici. Donc, on s'est dit, bon, Vincent qui venait de Biarritz et moi qui venais du Canada, de Montréal, on a décidé de faire un peu le chemin de moitié.
Puis, on a décidé de s'établir ici. Ça fait maintenant cinq ans que j'y viens et que j'y retourne, que je retourne à la maison. Mais maintenant... trois
ans assez stable ici dans ce petit coin de pays. Oh là là, génial. J'ai la carte sous les yeux. Effectivement, il y a une rue. La route 17, visiblement. C'est très drôle. Mais ce qui m'avait vraiment marqué, moi, quand j'étais en Norvège, alors je ne suis pas allé autant au nord que ça, mais j'imagine que c'est pareil partout, c'est qu'en fait, tu as ce sentiment, et je suis curieux de savoir ce que tu en penses, tu as ce sentiment d'être en pleine nature, presque un peu perdu, isolé.
Mais en même temps, le moindre petit village a un port parfaitement équipé, la 5G partout, le Wi-Fi. C'est vraiment un mariage très intéressant d'outdoor et puis en même temps de confort. Tu peux être en outdoor, mais dans des conditions très confortables à peu près partout en Norvège. C'est l'impression que j'ai eue, moi, en tout
cas. Oui, c'est vraiment le cas. Et la Norvège, ce qui est bien, c'est que c'est pas comme le nord québécois ou le nord canadien. On peut rapidement, au Canada, se sentir complètement dépaysé après quelques villes où on passe en voiture. Oui, c'est ça, le réseau disparaît, on n'a plus accès à nos téléphones.
Et ici, en Norvège, il y a toujours du réseau. Et aussi, lorsqu'on regarde à une certaine distance, il y a toujours des petits rorbus, les rorbus C'est des petites maisons de pêcheurs. Il y a toujours des routes. Donc, on peut s'effacer en nature, mais ça reste un pays où c'est quand même assez sécuritaire de se retrouver sur le territoire parce qu'il y a souvent des petites cabines où les gens vont pêcher, vont chasser.
Et ça permet d'avoir une aventure qui est quand même assez... Oui, reculé, mais sécuritaire. Et aussi, partout dans la Norvège, je ne sais pas si tu as eu la chance d'en visiter, il y a les cabines d'ENT. Et ces cabines-là sont offertes à tous. Les gens qui visitent peuvent les réserver. Et c'est des cabines qui sont vraiment nature.
Ça ne coûte vraiment presque rien pour réserver la cabine. On arrive là-bas, sur les lits, il y a des hydredons, il y a des couvertures. Et tout est prêt pour recevoir les visiteurs. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'on a une clé qui nous permet d'ouvrir toutes les cabines de Norvège. Il y en a des centaines, même des milliers, partout, partout.
Et elles sont habituellement reliées à un système de chemin, de sentier qui nous amène à la suivante. Et c'est complètement extraordinaire. On ne pourrait pas avoir ça dans toutes sortes de pays, mais la Norvège, les gens vont ne vont pas abîmer le matériel. Il y a un respect de ces cabines-là et tout le monde les utilise.
Il va y avoir à l'intérieur de la nourriture pour les visiteurs. Tout ça va rester là. On paie à la fin avec la carte et c'est tout. Il n'y a personne dans les cabines et c'est
génial. C'est incroyable. C'est incroyable. Je ne savais pas dans ce système, ce réseau de cabines. C'est mais j'avais fait j'avais échangé avec une il me semble qui était norvégienne oui norvégienne la compagne d'un invité du podcast et tous les deux étaient en train de se réorienter professionnellement pour devenir guide accompagnateur plutôt dans des milieux tu vois nordiques polaires nordiques et elle elle m'expliquait on avait un petit peu parlé de son enfance ce que c'était de son rapport à la nature à l'environnement quand tu grandis dans ce type de pays et je me rappelle elle m'expliquait que au lycée ou l'équivalent peut-être du collège français en fait ils partaient plusieurs jours les
activités avec la classe c'était de partir faire une randonnée en refuge sur plusieurs jours voire une semaine complète dans ce réseau j'imagine de cabane et je trouve du coup c'est complètement fascinant parce que t'as complètement un autre rapport en grandissant à la
nature c'est vrai ici ça s'appelle le freeload sleeve comme certains des gens qui écoutent Le podcast connaissent sûrement. Le Freelance Live, c'est la vie en plein air. C'est d'amener un peu de la nature dans sa vie. C'est s'inspirer des éléments naturels. Et je pense que tout le monde en Norvège le vive bien depuis qu'ils sont tout jeunes.
Mon petit garçon, maintenant deux ans et demi, il est dans une crèche, comme vous l'avez appelé, en France. Et... Chaque jour, même si c'est la tempête, ils vont sortir à l'extérieur, ils vont aller se promener en forêt, visiter des... des petites cabanes de rondins de bois où ils vont faire des activités.
Tout est relié vraiment à la nature et je pense que ça l'apaise mon garçon d'y aller chaque jour et de retourner vers la nature, ce qui n'est pas nécessairement le cas de ce que j'aurais pu lui offrir à Montréal, quoique aussi bien aussi, mais vraiment différent comme apprentissage pour lui. Puis nous ici, on vit tout près d'un grand glacier qui s'appelle Svartis qui est le deuxième plus grand glacier de Norvège.
Et je pense que c'était important pour nous d'avoir accès à ce genre de terrain-là pour élever notre fils, mais aussi nous, pour faire nos activités. Maintenant, on a une compagnie qui fait un peu des... des entraînements en milieu polaire. D'habiter à côté d'un glacier, tranquillement, on va amener notre petit garçon aussi sur le glacier quand il va être un peu plus grand.
Ça nous permet de se sentir quand même bien ancré et peut-être de vouloir rester ici pendant les prochaines
années, c'est certain. En tout cas, la manière dont tu le décris, ça fait rêver. Tu vois, ma fille, elle a deux fois 30 minutes de récréation dans la journée dans une cour qui est bien mais qui est plutôt bétonnée tu vois bon l'activité quand ils sortent de l'école c'est pour aller au cinéma tu vois bon voilà c'est très différent mais de ce que tu me décris je trouve ça vraiment fabuleux et c'est une très bonne transition parce que j'allais te le demander du coup depuis notre premier épisode il y a 6 ans bah t'as déménagé mais t'es aussi et surtout devenu maman donc donc bah tu disais il y a 2 ans et demi du coup donc Une de mes questions, ça allait être quel impact ça a eu pour toi
UNKNOWN ?
Et positif, j'entends. J'imagine que côté organisation, tu as dû changer pas mal de choses. Mais tu es maman aventurière. Comment on fait pour combiner les deux
UNKNOWN ?
Aventurière polaire, guide polaire et maman en même
temps
UNKNOWN ?
J'ai... Je ne croyais pas que ça allait être possible pour moi. J'ai eu vraiment... J'ai eu assez peur quand j'ai eu la nouvelle, pour être honnête. Ça ne fait pas vraiment longtemps que j'en parle parce que j'ai toujours voulu avoir l'air de quelqu'un qui trouvait naturel, de tomber enceinte et tout ça.
Mais il y a six ans, la dernière fois qu'on s'est parlé, pour moi, il n'y avait, je pense, aucune chance que je puisse devenir maman parce que fondamentalement, l'aventure et être femme dans ce monde d'aventure d'exploration, pour moi, ça faisait aucun sens. Et pourtant, maintenant, c'est ma routine.
C'est la vie que je mène et j'ai plus cette peur, évidemment, que j'avais il y a six ans. Mais si je remonte à la dernière discussion qu'on avait eue ensemble, je pense que j'étais terrorisée à l'idée seulement de perdre le corps que j'avais, le corps de quelqu'un qui court à chaque jour, de quelqu'un qui s'entraîne, qui met le sport et l'aventure en numéro un dans sa vie.
Et je pense que j'avais des peurs de perdre ce fils Même d'avoir des rondeurs, de tout changer ça pour moi, ça me grugeait de l'intérieur. Je n'aurais jamais normalement accepté ça, et pourtant... je pense que j'ai dû me détacher de mes peurs et j'imagine que c'est arrivé aussi à d'autres femmes qui faisaient du trail running par exemple, moi c'était vraiment ma passion avant, c'est comme ça que je suis atterrie dans le monde de l'aventure puis des expéditions polaires mais la course et l'entraînement font souvent en sorte qu'on se dépasse, moi j'avais même plus mes règles j'avais un corps qui était parfait pour être une flèche courir rapidement mais après tout ça, tomber enceinte, pour moi, ça
aurait été comme un arrêt total. Et c'est aussi... la collaboration avec mes partenaires qui aurait changé. Et quand, justement, c'est arrivé avec Vincent, bon, tout ça, tout ça, ça s'est passé. On s'est dit, OK, go, on fait le grand saut. Mais ça faisait pas tellement longtemps qu'on avait prévu la chose.
Et puis, j'ai appris... que je suis enceinte, j'ai eu de la difficulté à le communiquer autour de moi, même si j'étais vraiment fière de tout ça. La partie la plus complexe pour moi, c'était un peu de me demander si j'allais perdre les collaborations avec ceux qui me font vivre, en fait, parce que mon métier, c'est de parler des sports, c'est de parler de l'aventure et je me disais que c'était impossible pour moi de faire les deux, de devenir maman et d'avoir des partenaires Puis...
J'ai eu la chance d'avoir des gens autour de moi qui ne m'ont pas abandonné. J'ai vraiment eu, au contraire, beaucoup de soutien et ça m'a fait comprendre que je n'ai pas eu à m'arrêter parce que j'ai eu un petit garçon. Ça m'a fait avancer d'une façon différente. Je ne recule pas dans ma vie et il m'aide à avancer d'une certaine manière.
Maintenant, on avance avec des petits pas dans un nouvel apprentissage. Autant lui... les tout nouveaux dans ce monde-là. Et moi, ça m'amène à ralentir et à voir les choses vraiment différemment. J'ai ralenti au niveau de la course et j'ai changé moi-même. mon approche face à l'exploration, face à mes aventures.
Au lieu d'en faire plusieurs, d'avoir la tête sur des milliers de projets, je prends les plus importants. Je prends ceux qui m'amènent vraiment quelque chose. Puis c'est certain qu'encore aujourd'hui, quand je pars pour un mois, par exemple, guider Urs Valbard pour une longue, longue expédition, c'est un stress mental de savoir que je laisse Leif, mon mon garçon, mais aussi, ça me fait un moment où je reviens à la source, puis quand je retourne le voir, c'est des moments extraordinaires qu'on vit, puis j'ai la chance d'avoir un conjoint, Vincent, qui vit la même chose que moi, donc on s'apporte vraiment un bon équilibre ensemble.
Il faut avoir quelqu'un, un conjoint qui est prêt à vivre ça, parce que comme femme aventurière, parfois je quitte la maison vraiment longtemps, puis de ne pas être avec Vincent, ça aurait été vraiment complexe pour moi, parce qu'il comprend mon de milieu de vie. Il comprend aussi que les expéditions, ça reste le centre de ce que je vis en ce moment.
Et là, c'est juste parfait d'être accompagné de quelqu'un
comme lui. Est-ce que tu disais,
pardon, ton fils, c'est Leif, c'est ça? Oui, exact. Donc, ça s'écrit L-E-I-F. Puis, c'est inspiré de Leif Erikson, qui est un explorateur norvégien qui s'est rendu jusqu'au Greenland, qui s'est rendu jusqu'au Canada. Ça a été un des premiers Norvégiens à se rendre à Terre-Neuve. C'est vraiment quelqu'un qui nous a inspirés, sachant qu'il part de Norvège et qu'il s'est rendu jusqu'au Canada il y a des
milliers d'années. Tu as l'impression, tu as le sentiment que Liv comprend ce qu'il réalise, ce que ses parents font et à quel point c'est extraordinaire d'avoir deux parents aventuriers de votre niveau en plus
tu vois
il n'y a pas de péjoratif dans ce que je vais dire mais vous n'êtes pas des aventuriers du week-end vous réalisez des choses incroyables vous avez déjà fait énormément on va en parler d'ailleurs il se rend compte que ce que vous faites ce n'est pas tout à fait ce que font la plupart des
parents c'est plus les parents autour de moi qui se rendent compte que Leif va avoir une vie assez
mouvementée
disons Leif à son âge je vais l'amener à prendre ses bases d'une manière où je vais amener certaines choses, peut-être un peu différemment que certains parents. On essaie de mettre l'aventure à l'avant à chaque fois qu'il n'est pas à la crèche. Donc, on va l'amener dans les petites cabines comme on parlait au début du balado, mais où il va avoir peut-être souvent à se sentir chez lui, dans un nouvel endroit.
Parfois, ça va être une tente en camping. Il y parfois ça va être dans un voilier parfois ça va être dans une petite hutte on essaie présentement d'aller au Svalbard pendant un an Et on va essayer de vivre dans une ancienne cabane de trappeurs, une cabane de personnes qui chassaient la baleine. Donc, c'est une petite cabane de quelques mètres.
C'est vraiment petit. Il y a une seule petite salle. Et on essaierait de vivre là-bas en autonomie complète pendant un an. On aurait seulement peut-être un gros ravitaillement au début. Et par la suite, on On essaierait de faire un documentaire sur notre vie, comment on arrive à chasser, à pêcher là-bas et à avoir un rythme de vie quand même, une petite routine.
Et ce que j'aime, c'est montrer à l'œuvre qu'on peut... qu'on peut faire de son chez-soi un peu partout. On a seulement besoin d'un petit peu de confort. Mais, par exemple, je lui montre que, bon, parfois, on ne pourra pas prendre notre douche pendant des jours, des semaines. Puis peut-être que juste de se laver, ça va être d'aller rapidement dans la mer et de revenir à la cabane pour se sécher.
Mais le quotidien, on peut en faire une aventure tout le temps et je pense qu'il va y avoir une vie où... Peut-être que quand on va aller dans les grandes villes, ça va être ça un peu son aventure parce qu'il est rarement, par exemple, à Oslo, à Paris. Et je pense que c'est important aussi pour nous de lui montrer ce que c'est qu'arriver...
et d'avoir tout ce qu'on a besoin autour de soi.
Mais oui, il est un peu... Il va t'amener à vivre de l'aventure, c'est certain, avec nous. Est-ce qu'il fait déjà des choses dont vous êtes fiers par rapport à cette notion d'aventure, de se débrouiller, de ne pas avoir peur, de changer ses environnements, comme tu dis
UNKNOWN ?
Est-ce qu'il y a déjà une ou deux expériences que vous avez vécues en famille où vous vous êtes dit, là, on voit que... Il est dans ce qu'on aimerait lui offrir, d'autonomie, etc.,
d'indépendance. Avec aussi, je pense, une fille loïque, à cet âge-là, c'est intéressant parce qu'on essaie de lui faire acquérir une certaine autonomie. On est allé sur les sentiers juste avant que l'automne s'installe vraiment. Ici, il y a des moultas. Donc, c'est des petites baies qu'il y a dans le nord de la Norvège.
Il y en a aussi dans le nord canadien. Ça s'appelle la chicoutée ou d'où je viens au Québec. C'est délicieux. Ça ressemble à une framboise, mais orangée, un orange très vif. C'est une baie super particulière et maintenant, ce qu'on fait avec l'œuf, c'est qu'on lui montre tout ce qui est à apprendre de la nature d'une façon où on on n'a pas nécessairement à acheter en épicerie, mais ce qu'on peut prendre de la nature et en faisant, en étant...
en faisant vraiment attention de ne pas abîmer la nature, qu'est-ce qu'on peut lui apprendre? Bien, c'est d'aller cueillir des myrtilles, d'aller cueillir des framboises et je pense que il commence à reconnaître ce qui est bon à manger, ce qui est moins bon, ce qui est vraiment, par exemple, qui n'est vraiment pas à toucher.
Donc, il connaît vraiment l'ensemble de ce qu'il peut prendre puis ça, il adore ça, aller en forêt puis trouver lui-même ce qu'il peut manger, avec évidemment le regard de sa maman qui est là pour voir s'il ne prend pas n'importe quoi quand même, mais c'est intéressant,
oui. Vous lui racontez des histoires de trolls ou
c'est à l'école ça seulement? Oui, ici, les trolls, il y en a partout en forêt, donc c'est une façon de faire apprendre aux jeunes à aller découvrir les boisés du coin. Les Norvégiens vont mettre des petits personnages dans les bois et les enfants vont y aller. Ça amène les tout-petits à explorer puis à sentir qu'il y a quelque chose de magique dans la forêt.
Ça les amène à vouloir y retourner et il y a toutes sortes de petites troches avec de la peinture, des petits visages, des petits oiseaux en bois qui ont été sculptés. Il y en a partout et ça fait en sorte que la forêt devient un mystère terre attrayant.
Parce que les trolls, du coup, dans l'imaginaire norvégien, ce n'est pas négatif, ça ne fait pas peur, c'est plutôt le côté, comme tu dis, magique, invitation à explorer, mais ce ne sont pas des histoires qui font peur pour les enfants,
c'est ça? Tu vois, c'est un peu entre les deux. Il peut y en avoir de toutes sortes. Les trolls, ils jouent des tours. Ça peut être des bons ou il y en a qui sont un peu moins vaillants. Il y en a qui vont essayer de faire des trucs un peu moins... Tu sais, ça dépend.
UNKNOWN Ça dépend du troll.
Mais bon, je connais encore... Je connais quelques du mythique nordique, mais j'ai encore beaucoup d'apprentissages à faire, là, avant de sentir que je connais tous les trolls
du coin. Avant, du coup, je te propose qu'on bascule sur une de tes dernières grosses, énormes même expéditions. Tu tu me diras, mais en préparant l'épisode, tout ce que j'ai pu trouver, tout ce que j'ai listé, tout ce que j'avais en tête, parce que je te suis du coup depuis 2020. Pour moi, c'est très certainement la plus grosse expédition que tu as vécue.
Mais 2022, vous n'étiez pas encore complètement installée en Norvège à ce moment-là, quand tu es partie
pour
le pôle Sud. Pour
le pôle Sud, je me rappelle m'être préparée en Norvège, mais je n'étais pas encore totalement installée
Donc 2022, décembre 2022, tu es parti en solo depuis, d'ailleurs je ne sais pas si on dit Hercule ou Hercules Inlet, début décembre, pour... le pôle sud, sur plus de 1000 kilomètres, sans assistance, sans ravitaillement, et tu l'as atteint un peu plus de 30 jours plus tard. À ce moment-là, c'était même le record féminin.
Est-ce que tu peux nous parler de, déjà peut-être, la Genèse
UNKNOWN ?
Comment est-ce que tu as imaginé cette expédition
UNKNOWN ?
Pourquoi ce format-là, en solo, sans assistance, sans ravitaillement
UNKNOWN ?
Commençons par ça, par la Genèse.
C'est une expédition qui m'a tout pris. En fait, c'est que tous mes acquis, j'ai voulu les mettre dans une seule expédition que je faisais en solitaire. J'étais partie avant avec des gens, des amis. Et l'Antarctique, j'y étais allée en voilier. deux fois auparavant, explorer la péninsule et ça reste toujours un terrain complètement fou, mais en même temps tellement extrême par ses vents, par le froid.
Tu sais, là-bas, au pôle sud, l'hiver, il fait... environ moins 60, moins 70, je pense. Et c'est la nuit noire et l'été, c'est le seul moment où c'est vraiment accessible. Donc, ça tombe en décembre et janvier. Mais après, la porte se referme parce qu'il va y avoir des vents fous et tout ça. Donc, on a une petite, petite chance d'aller au pôle sud si on veut y aller.
Donc, je décide de prendre cette opportunité-là, de me dire « Ok, j'ai couru beaucoup dans le passé, mais je fais des expéditions polaires comment je pourrais relier ces deux passions là et je me dis pourquoi pas tenter je pense à l'époque ce qui me semblait être un peu l'impossible c'est de battre le record qui avait été établi par Johanna d'habitude de le faire en 39 jours et j'avais aucune idée est-ce que c'est possible est-ce que ça va le faire pour moi parce que c'est 1130 kilomètres dans un terrain où je n'ai pas l'habitude d'aller nécessairement là toute seule.
Je suis souvent entourée. Donc, ça a commencé avec la préparation physique, tirer des pneus, Des pneus de voiture, on en met deux derrière. On prend une grosse corde et avec un harnais, on marche, on marche. Ça commence avec l'entraînement physique. Mais encore avant tout ça, c'est de se préparer. Pourquoi je voulais aller là-bas?
La préparation mentale était vraiment importante. Je voulais briser ce record-là pour défier un peu... ce qui avait été établi, mais aussi il y avait le record masculin qui était à l'époque, je crois, de 23 jours. Donc je voulais aller me rapprocher du record masculin et tout ça m'inspirait vraiment beaucoup.
Surtout que je suis entourée de gens qui m'inspirent, comme Borgé Ouslande, qu'on parlait au début de l'épisode. C'est quelqu'un qui a beaucoup, beaucoup de technique. Puis mon conjoint aussi... il fait tellement d'expéditions. Fait que je savais que j'allais être super bien entourée pour aller chercher ce record-là.
Oui, je voulais y aller pour me dépasser un certain niveau physique, mental, tout ça. Mais je voulais aussi amener toutes les filles un peu à aller plus loin. J'avais le désir d'en parler au Québec, puis de dire, OK, bien, les filles, on va s'entraîner ensemble, puis tout ça. Puis je me disais, tu sais, même si j'arrive pas au bout Si je n'arrive pas à faire le record ou si jamais je dois arrêter pendant cette expédition-là, ça va peut-être avoir allumé quelque chose chez quelqu'un.
Un petit feu. Mon but dans cette aventure-là aussi, c'était pas nécessairement d'être celle qui faisait le record, mais de le faire descendre. En ce moment, j'ai réussi à faire 33 jours, 2 heures et quelques minutes. Mais il y a une femme anglaise qui s'appelle Paul Preet qui, elle, a fait descendre le record encore.
Alors là, est-ce que je vais y retourner pour faire le descendre le record? En fait, faire ce record-là, c'est un peu un travail de collaboration parce que sans Joanna Davidson, je n'aurais jamais pensé à aller battre ce record. C'est vraiment en travaillant tous ensemble qu'on arrive à faire descendre ce temps-là.
Et ça, c'est important. Puis c'est pour ça que j'aime aussi les courses. Regardez en ce moment dans le trêve comme les fils. Il y a que les... Les hommes, à un certain moment dans le sort, on pensait pas que c'était possible. Puis il y a des beaux temps qui s'établissent dans les records de trail running.
Mais bref, je suis partie avec ce désir-là. Puis je pense que mon but était tellement fort d'arriver au bout de cette traversée-là que je suis arrivée au pôle sud. Puis... J'ai passé 33 jours dans ma petite tente à me dire « Ok, est-ce que je vais arriver à passer la journée
UNKNOWN ?
» Plus on monte, on prend de l'altitude. C'est quand même plat l'Antarctique dans les derniers degrés, mais c'est quand même à, je pense que c'est 2000 mètres d'altitude. Puis on monte, on monte et il fait de plus en plus froid. Et dans les dernières journées, c'est du moins 34, c'est du moins 30°C. Et sur la neige, il y a souvent le passage des sastrouguis.
Donc c'est des gros monticules de neige blanche qui forment des passages où on doit lever le traîneau, descendre avec le traîneau, passer en ski entre les sastrouguis. C'est un peu comme un labyrinthe. Puis on doit, avec la boussole, établir son cap et toujours suivre le même cap. Si on fait des erreurs, si on fait des zigzags, on perd notre temps puis on n'arrive jamais en fait.
Donc, il fallait prévoir aussi le nombre de nourritures par jour. Tu sais, c'est difficile de dire combien de nourriture on va manger au total. Chaque jour, j'avais environ un kilo de nourriture à prendre dans mon traîneau pour ce qui allait être une journée complète. C'est beaucoup, beaucoup plus que ce que je mange ici dans une journée normale.
Mais tout ce poids-là... amener avec moi, avec le gaz, ça réchauffe, avec ma tente, mon équipement, ça a été ça, le grand défi, ça a été le poids, mais aussi les problèmes qui pouvaient arriver avec mon équipement. Il y a un de mes skis qui a brisé, à peu près après deux semaines sur le terrain. Donc là, c'est un arrêt total.
Il fallait que je mette une pause sur l'expédition. Et là, dans ma tête, ça allait à une vitesse et les pensées négatives arrivaient vraiment à venir me chercher. Je me levais le matin, j'avais les larmes aux yeux qui coulaient toutes seules parce que il n'y a personne là-bas pour me réconforter. Il n'y a personne pour me dire de continuer.
On ne s'en rend pas compte, mais dans la société aujourd'hui, c'est que on fait souvent appel aux autres, puis c'est ça qui est beau, c'est ça qui est intéressant, c'est d'avoir l'appui de ses meilleurs potes. Et là-bas, ça, ça manquait à un point. Et là, j'ai réussi à recoller une partie de mon ski avec la colle de super qualité.
J'ai réussi à recoller la fixation qui était brisée. Ça a tenu le coup jusqu'à la fin de l'expédition. Quand je suis arrivée au pôle, j'ai rencontré des gens et c'était difficile de sortir de ma bulle parce qu'après 33 jours, on perd un peu la fakie de parler facilement. On se retrouve avec des gens où on ne connaît plus un peu les signes de communication.
Ça a été complexe, mais dans un autre sens, ça a été le plus beau moment de ma vie de revoir des sourires, de revoir
les gens qui m'ont signé. Vincent
était là à l'arrivée? Oui, c'était spécial parce que c'est une expédition qui coûte vraiment... c'est vraiment cher aller là-bas jusqu'au pôle sud et normalement on n'aurait pas eu les sous pour y aller à deux par contre C'était vers la période du COVID. Et l'expédition de Vincent, elle, avait été un peu devancée.
Et finalement, il est arrivé en même temps que moi parce que lui faisait seulement le dernier degré avec un groupe. On travaille avec une compagnie qui amène des gens au Pôle Sud. Et ça a fait en sorte qu'il est arrivé juste un peu avant moi avec son groupe. Donc... Il a demandé aux gens au camp de base au Pôle-Sud s'ils pouvaient rester deux jours pour m'attendre.
Puis habituellement, les gens disent non, non, il faut retourner parce qu'il y a des coûts associés à quelqu'un qui reste là-bas au Pôle-Sud. Et donc, il a réussi à m'attendre. Puis aussi, il m'a vu, il a fait un passage au-dessus de moi en avion. Je suis Il passait avec son groupe parce qu'en faisant le dernier degré, moi, je faisais plusieurs degrés.
Donc, un degré, c'est 111 kilomètres. Lui faisait le dernier degré avec son groupe. Donc, ça allait prendre une semaine comparativement à moi qui allait en prendre 33 jours. Et là, j'entends un avion qui passe juste au-dessus de ma tête. Et là, Vincent m'avait écrit « Ah, peut-être que tu vas avoir une surprise aujourd'hui.
» Et j'entends l'avion qui passe. C'est le premier avion que je vois depuis... Le tout début de l'aventure. Et seulement de... C'est fou, mais de sentir le carburant de l'avion m'a fait comprendre que c'est vrai, j'étais encore un peu humaine. Je n'étais pas animale. Je n'étais pas toute seule sur cet immense terrain-là.
Et de voir l'avion qui me faisait un signe avec les ailes qui penchaient d'un côté et de l'autre, ça m'a donné une force pour finir cette expédition-là. Puis c'est arrivé bon moment parce que j'avais perdu le désir un peu d'avancer puis j'ai avec cette aide là j'ai réussi à aller jusqu'à la fin malgré la douleur physique malgré le désir constant d'arrêter
C'est ultra inspirant. J'ai plein de questions en tête, mais une peut-être un peu particulière. Tu viens de parler de l'odeur, tu as évoqué l'odeur du carburant, du kérosène. J'ai déjà lu pas mal de fois des récits de gens qui font des traversées du Groenland ou qui vont en Antarctique. Ce n'est pas forcément un point qu'ils anticipent, mais l'absence totale d'odeur peut être un peu désarmante.
Tu
confirmes
UNKNOWN ?
Je pense que c'est C'est vrai, t'as probablement beaucoup de gens qui vont peut-être dans les milieux comme ça. Je pense que tout le monde est un peu allé à des endroits l'hiver où les odeurs disparaissent. Et j'adore... Les odeurs, tu sais, lorsque le printemps revient, l'odeur de la terre, toutes ces odeurs-là reviennent et ça devient vraiment intéressant au niveau de l'odorat.
Et pendant l'hiver, pendant ces traversées-là dans les milieux polaires, ça devient un peu... Oui, c'est une sensation vraiment étrange de ne pas avoir les senteurs. Parfois, les odeurs reviennent. Par exemple, quand j'enlève mes chaussettes de mes bottes, oui, dans ma tente, parce que j'apporte seulement deux chaussettes pour être ultra légère dans les expéditions que je fais quand je vais aller vraiment rapidement.
Deux chaussettes pour 33 jours, ça fait en sorte que oui, il y a des petites odeurs. Mais je ne vous parle pas de celles-là. Mais les odeurs, oui, de tout ce qu'il reste de la nature, on ne sent rien. Et ça Ça nous fait un peu se demander si ce qu'on a vécu dans le passé est réel. Parce qu'on est dans une immense bulle de froid, de blanc, de blancheur.
En fait, c'est comme un rêve constant. C'est toujours la répétition des choses qui reviennent. Le terrain qui est plein de déformations de la glace, de la neige, les tempêtes de vent, les tempêtes de neige. Donc, tout ça fait en sorte qu'on ne se rappelle plus des odeurs du quotidien. Et quand je suis revenue à la tente pour la première fois, ça a été l'odeur du café chaud qui m'a fait...
avoir mes premières larmes quand je suis arrivée au campement, c'était une odeur que j'avais oubliée. Et comment oublier cette odeur-là? Le café, c'est venu me toucher à un point où je me trouvais un peu... Je trouvais que c'était un peu exagéré, ma réaction, d'avoir des larmes aux yeux parce que je sentais l'odeur du café, mais quand même, c'était un moment formidable de ressentir tout ça, puis de de reprendre ma douche avec de l'eau chaude pour la première fois, de savoir que tout ça est accessible si facilement.
C'est pour ça que je fais des aventures. C'est parce qu'on oublie la facilité qu'on a à vivre dans la société.
Comment
UNKNOWN ?
Oui. Alors, j'allais dire, je suis d'accord. Je n'ai évidemment jamais fait d'aventure comme toi, mais je pense que ça parlera à beaucoup de gens. Tu vois, quand tu pars un peu, tu sors un peu de ta routine, tu te retrouves dans un environnement un peu plus rustique. C'est vrai que forcément, tu apprécies toujours le retour et ça te fait te rendre compte à quel point tu as de la chance de soulever le robinet et d'avoir de l'eau potable qui coule à portée de main.
Donc, ça devait être puissance 10 000, ce que tu as vécu, clairement.
UNKNOWN Oui.
il y a Il y a quelque chose que je trouve d'assez fascinant dans cette expérience en particulier, mais de manière générale, les gens comme toi qui se lancent volontairement, qui se mettent volontairement dans des situations... Alors évidemment, tu y vas en maîtrise, tu as l'expérience, tu as préparé, etc.
Donc tu ne te mets pas volontairement en danger, mais tu te mets volontairement quand même dans des situations qui sont très exigeantes et très engagées. À quoi est-ce que tu penses sur... les premières centaines de mètres, les premiers jours, quand tu sais que tu viens de partir, mais tu es encore assez proche pour faire demi-tour.
Tu viens de partir, donc tu dois déjà avoir l'adversité, peut-être déjà une tempête de neige. Tout de suite, c'est violent, j'imagine. Tu es tout de suite isolé, mais tu sais que la porte de sortie, elle est juste là, en fait. Elle est juste à côté. Comment tu fais pour
gérer ça
UNKNOWN ?
C'est un moment spectaculaire quand, par exemple, j'ai pris un tout petit avion pour me rendre à mon point de départ je suis toute seule dans cet avion là avec les gens qui sont à l'avant et ils m'amènent au point de départ exact je leur dis ok vous pouvez me laisser ici et là on sort mon matériel et là ils disent ok est-ce que c'est tout ce que t'as parce que t'en as vraiment pas beaucoup et là ça me fait douter je suis là est-ce que j'ai oublié qu'est-ce que j'ai oublié et Et il faut savoir que dans ces expéditions-là, s'il nous manque une canne de gaz ou de fioul de réchaud, on ne va pas jusqu'au bout.
Donc, chaque item est ultra important. Et j'étais allée là-bas en étant ultra légère, donc il n'y avait rien dans mon équipement qui était non nécessaire. Tout avait été pesé. Et là, ils me disent « Wow! » On n'a jamais vu quelqu'un avec autant peu de matériel. J'avais seulement un kit de mérino, un kit de base.
Tout ça fait en sorte que je me posais beaucoup de questions déjà dans l'avion. Quand l'avion quitte le camp de base pour m'amener à mon point de départ, je me sens vraiment mal. Je me dis que c'est trop grand pour moi. Je sais que tout le monde peut s'imaginer. On s'est toujours mis dans des situations...
dans la vie où on sait qu'on... on est allé trop loin, on s'est fixé un but qui est trop grand, et là, on y arrive, et là, on dit, zut, là, on a fait une petite erreur. À ce moment-là, j'ai eu cette impression-là, puis pourtant, j'amène des gens, je guide beaucoup dans les milieux polaires, mais là, le fait de dire que je partais pour battre le record, pour établir quelque chose qui, à chaque jour, il fallait que je fasse une distance qui était vraiment grande, j'avais énormément de pression, et cette pression-là, il a fallu que je l'enlève, parce que je sentais que mon rythme cardiaque augmentait et quand l'avion m'a laissé sur ce territoire qui était tout blanc là près de la côte il y a un moment
où je me suis dit dans quoi je me suis embarquée puis c'est un moment où le lendemain matin j'ai décidé d'attendre pour tout le reste de l'après-midi la nuit, passer beaucoup d'heures à seulement boire du thé, m'hydrater prendre soin de ma peau parce que là-bas, le soleil peut brûler la peau en quelques minutes si on ne prend pas le temps de bien se couvrir.
Tout ça, j'ai fait les premiers préparatifs. J'étais prête et j'avais fait un peu de la visualisation de ce que j'avais à faire comme préparation. Donc, automatiquement, sans trop réfléchir, j'ai dû me mettre en action. Et c'est au fil de tout ça que je me suis rendue compte finalement que j'étais rendue au milieu de l'aventure puis que j'étais en contrôle.
Et il n'y a rien de plus beau dans la vie, je pense, que quand on s'en contrôle dans ce qu'on accomplit et juste le fait que j'ai confiance m'a amenée à dépasser mes limites sur la deuxième partie puis à sentir que j'étais à la place que je devais être à ce moment-là. Et j'ai pu finalement relaxer et me sentir...
un peu plus reposé mentalement. Mais physiquement, par exemple, j'étais chaos. J'avais vraiment des douleurs qui étaient difficiles à souvenir. J'appelais Vincent, puis j'avais de la difficulté à ne pas avoir des sanglots dans la voix parce que cette douleur-là physique était difficile à... À garder sur toutes ces journées, au fil du temps, les douleurs devenaient presque plus fortes parce que le froid venait me chercher.
Là-bas, quand on est à l'extérieur de la tente, on a environ 10 minutes pour s'arrêter, pour manger, pour continuer. Si on s'arrête 20 minutes, 30 minutes, c'est complexe parce que le froid vient nous chercher. Donc, il faut toujours être en mouvement, un peu comme un animal. Et... Dans la tente, par contre, c'est une petite bulle de sécurité parce qu'il fait énormément soleil et ça, ça vient faire un peu comme un îlot de chaleur.
On peut dormir quand même assez bien au pôle sud vu le soleil qui est présent pendant toute la nuit et toute la journée aussi. Ça nous fait une petite
pause, mais quand même. Voilà. La douleur physique, c'est quoi? C'est le harnais Le harnais avec le poids de la pulka, c'est le froid, c'est les pieds, c'est général
UNKNOWN ?
C'est une douleur qui est lancinante, qui revient toujours. Une douleur qui est souvent les pieds dans les bottes. C'est des grosses bottes qui sont faites pour faire des grandes distances en ski. Moi, j'étais partie avec des bottes qui étaient un peu plus ajustées pour enlever du poids dans mon traîneau, enlever du poids pour me rendre plus rapidement au pôle.
Donc là, j'avais des bottes un petit peu plus petites que prévues déjà, un petit peu plus froides, qui m'amenaient un certain inconfort. Ensuite, évidemment, oui, la charge du traîneau est à chaque descente de sa stroguille, des monticules de glace. Le traîneau nous tire, nous pousse, nous tire. Tu sais, c'est un travail, c'est presque d'avoir un chien en laisse qui nous tire derrière, donc qui nous rapporte toujours, qui essaie de nous faire reculer.
Puis c'est un travail constant d'être là avec cette charge-là. Et Et je me rappelle quand j'ai arrêté de tirer mon traîneau en arrivant au pôle, quand j'ai enlevé mes bottes, j'ai senti que j'étais libre. C'est une liberté totale de ne plus avoir à toujours avoir quelque chose dans son dos qui est si lourd.
Et puis, c'est aussi la douleur... c'est l'accumulation en fait de la distance à chaque jour c'est un peu comme un je comparais ça à un marathon toujours en constance j'ai pas pris de journée de congé donc c'est qu'à chaque jour il y a la charge physique qui revient de pire en pire avec les petits bobos du début je me rappelle être partie trop vite puis j'ai oublié de de couvrir mon nez de couvrir mes joues puis je me rappelle aussi que j'ai Vraiment, je me suis mal hydratée parce qu'on arrive à moins 25.
Je voulais faire mes premiers kilomètres à une bonne vitesse. Et ça, c'est tous des petits détails mineurs. Et quand on ne prend pas soin de son corps, tout de suite, ça revient à la charge. Puis le lendemain, on a les conséquences. Donc le lendemain, je me réveille, j'avais le visage boursouflé, je ne me reconnaissais plus.
Alors déjà, je me disais que c'était vraiment un milieu extrême.
Tu évoquais un peu plus tôt, tu disais que tu avais un kilo de nourriture par jour. Tu manges quoi quand tu as cet objectif de chrono en tête
UNKNOWN ?
Est-ce que tu as essayé de gagner du temps aussi sur la manière dont tu
t'alimentais
UNKNOWN ?
Oui, j'avais à l'époque le désir de t'amener là-bas des… Des portions qui étaient vraiment grosses parce que je ne voulais pas être légère avec ce qui était la nourriture. Évidemment, sinon, peut-être que je n'aurais pas pu me performer à un certain point. Donc, j'ai amené vraiment beaucoup de nourriture.
Ça commence avec un gruau, avec beaucoup de sucre, du chocolat dedans, de l'huile aussi pour ne pas perdre notre gras. On en met beaucoup dans le gruau. On mange beaucoup de produits qui sont vraiment remplis de gras. J'ai amené aussi beaucoup de beurre. Le beurre à la fin était essentiel pour moi. J'en avais besoin, mon corps en avait besoin.
J'avais perdu ma masse de gras. Donc, je prenais à la cuillère des bons morceaux de beurre que je mangeais comme ça à la cuillère. C'était délicieux. Je me rappelle que... Pour moi, ça ne créait aucun problème. C'était vraiment le bonheur du matin de manger ça à la cuillère. Et pourtant, je ne referais jamais la même chose ici.
C'est impensable. Le midi, en fait, c'est juste des collations que je prends habituellement. Donc, chocolat, j'ai une grosse, une immense palette de chocolat de 200 grammes, je pense. Donc, une par jour, c'est énorme. Donc, on est supposé de manger en calories à peu près le un dixième de ce chocolat-là, mais en fait, essentiel là-bas dans le froid pour garder sa chaleur, pour être capable d'avancer, toujours.
Puis le soir, c'est des grosses portions de repas lyophilisés. Là-bas, j'utilisais une marque québécoise qui s'appelle les trechos, des repas qui étaient végétaliens. Puis j'ai réussi avec ça à aller jusqu'au bout de l'aventure. Puis j'ai juste eu assez de nourriture pour me rendre à destination.
Ça a été quoi d'un point de vue climatique, environnemental, les éléments les plus compliqués que tu as eu à gérer
UNKNOWN ?
Tu as eu des tempêtes, tu as eu des parties comme ça qui t'ont vraiment marqué d'un point de vue
environnement
UNKNOWN ? Le pire, c'est...
d'avoir les journées où il y a des voiles blancs, des white-outs. Les white-outs, c'est vraiment complexe à visualiser. C'est vraiment d'être comme dans une balle de ping-pong. Je pense qu'on en parlait ensemble dans le premier épisode qu'on a fait peut-être ensemble, mais c'est d'avoir aucun indice sur si le terrain va vers le bas ou vers le haut.
Je ne voyais même pas le bout de mes skis qui se déplaçaient dans la neige Et il y a eu plusieurs journées comme ça. Ou imaginez-vous, habituellement, je me déplace avec le soleil ou le vent, mais on ne voit même pas le soleil à ce moment-là parce que c'est perdu dans une masse de nuages blancs. Donc, on se sent vraiment étourdi.
C'est des journées où on finit, on ne sait plus trop vers où se diriger. Donc, c'est un peu le problème et tout le monde se retrouve dans des conditions où les white-outs, c'est vraiment complexe pour un peu tous ceux qui font des expéditions polaires. Donc, il faut se fier à notre cap sur la boussole.
C'est des journées où je passe le nez privé sur ma boussole. Je ne peux pas lever les yeux parce que sinon, je me perds. Donc, le but, c'est de rester en ligne et faire une ligne droite. Et moi, je sais que plus il y a des journées où il y a des white-out, plus je pars du temps parce que quand il y a un soleil autour de moi, je sais qu'à midi, le soleil va être à tel endroit, puis je me déplace vraiment avec le soleil en me déplaçant.
Parfois, il va être... D'autres fois, il va être derrière moi. Sauf qu'avec tous ces indices-là, c'est ça, c'est vraiment facile de se déplacer dans un whiteout. Il y a le fait de... Il y a beaucoup de découragement aussi parce que... Il n'y a aucun signal qu'on avance. C'est peut-être comme un navire qui est au milieu de l'Atlantique.
De toujours avoir aucun repère, ça devient un peu
fatigant. Donc, je décrirais ça un peu comme ça. À quoi tu t'occupes l'esprit? Je suppose que tu es tout le temps en train de prendre des décisions par où passer, l'intensité de l'effort que tu mets, vérifier ta boussole. Mais sur 33 jours, en particulier, ce que tu décris sur les whiteouts, c'est C'est ça qui déclenche ma question.
Est-ce que tu as des moments où tu dois t'occuper de l'esprit ou finalement, tu es tout le temps occupée à faire du micromanagement de plein de choses différentes pour continuer à
avancer
UNKNOWN ?
J'aime bien comment tu décris ça. Le micromanagement, c'est vraiment ce qui compose mes journées. Mais j'ai besoin de quelque chose en plus. J'ai besoin que ma tête arrête de se sentir… Stressée. J'ai besoin de sentir la pression qui baisse parce que je veux atteindre le pôle sud le plus rapidement possible.
Mon rythme cardiaque est trop élevé quand je fais juste penser que je pourrais échouer. J'ai dit autour de moi que j'allais y arriver, je veux y arriver. Et juste de savoir qu'il y a des chances que je ne puisse pas aller jusqu'au bout parce que la douleur est là ou que je peux avoir un problème ou que je peux...
perdre un morceau d'équipement, par exemple, qui ne m'amène pas au bout. Tout ça, c'est trop pour moi. Donc, j'ai besoin un peu de m'évader dans des pensées. Et déjà, le matin... J'ai le téléphone satellite, je suis obligée d'appeler l'équipe qui me suit. Donc, comment c'est fait, c'est qu'à Union Glacier, c'est la base qui est en Antarctique, eux vont régir un peu toutes les expéditions qui se déroulent là-bas.
Et moi, je dois parler à un médecin et aussi à une personne qui regarde ma position, voir si tout est correct pour moi. Donc, déjà, ça me fait un peu penser à autre chose. Parfois, on blague un peu, mais rapidement, il faut que je revienne dans le focus de mon expédition. Je parle aussi à un météorologue qui s'appelle Lars, qui est situé à Oslo.
Et avec lui, on regarde un peu la stratégie de la journée. Il va me décrire s'il va y avoir des vents forts et si je dois, par exemple, plus partir en après-midi ou s'il va y avoir des tempêtes de neige. Puis, durant la journée, je vais essayer d'avoir des balados. Donc, je vais J'imagine même que j'ai écouté les frappés peut-être là-bas.
J'ai écouté beaucoup de balados jusqu'au moment où mon Spotify arrête après 30 jours loin des réseaux. Et c'est ce qui arrive, c'est que... Même si j'ai téléchargé beaucoup de balados, de podcasts, tout ça disparaît après 30 jours. Et donc, en expédition, vu que ça faisait longtemps que j'étais partie de Punta Arenas, à peu près à la moitié de l'expédition, ça disait « Ah, vous n'avez plus accès à toutes les chansons, tous les balados que j'avais enregistrés.
» Et finalement, pendant la deuxième partie de l'expédition, il me restait quelques balados sur mon téléphone que j'avais enregistrés qui n'étaient pas d'une application, mais vraiment sur mon téléphone. Et j'avais le livre audio qui s'appelle Sailing Around the World de Joshua Slocum. C'est vraiment un super récit.
C'est la première personne qui a fait le tour du monde en voilier, en en solitaire. Et moi, ce que ça me prenait, c'est d'être accompagnée de quelqu'un d'autre qui se croyait en solitaire. Il a navigué pendant plusieurs années, puis finalement, il est revenu à Boston, je crois. Finalement, ça m'a accompagnée par la deuxième partie de l'expédition.
J'écoutais ce balado-là à chaque jour, à répétition, chaque jour, chaque jour, seulement pour ne pas avoir le bruit du vent qui m'accompagnait tout le temps j'avais cette peur de seulement avoir le silence. Et ça, ça s'est créé au fil du temps. Quand je suis partie, je n'avais pas cette peur-là, mais la solitude est devenue vraiment accrue.
Le fait d'être toute seule sur ce grand terrain-là m'a fait sentir vraiment petite et j'ai eu besoin de réécouter des messages audios laissés sur mon téléphone, de regarder des vidéos des Noëls passés avec mes parents, avec ma famille. Et je pense que d'être seule aussi longtemps, ça nous ramène facilement dans les souvenirs je me rappelais quand j'avais 5 ans que j'étais chez mes grands-parents je me rappelle de la couleur des boules de Noël dans l'arbre et c'est des détails que je pensais avoir oublié pendant si longtemps et tous ces détails-là micro-détails reviennent parce que devant moi, il y a juste du blanc, un territoire qui est blanc et qui permet à mon cerveau de se laisser aller, de
rêver et de revenir sur ces choses qui ne sont pas nécessairement importantes. Mais pour moi, à ce moment-là, c'était primordial.
Est-ce que tu arrives à apprécier ces moments-là, quand tu es dans l'instant
UNKNOWN ?
Parce que là, quand tu le racontes, ce que j'entends à ta voix, ce que tu partages, j'ai l'impression que finalement, c'est quelque chose que tu apprécies avoir vécu, mais dans l'instant présent, est-ce que tu te dis, bon, c'est difficile, mais je vois déjà, je ressens déjà, je suis conscient déjà de choses bénéfiques ou intéressantes ou agréables que je suis en train de vivre grâce à ce défi
UNKNOWN ?
Je dirais, pour être honnête, parce que je pourrais dire oui, c'est formidable, c'est des moments qui valent la peine d'être vécus et tout, dans la douleur et dans les moments, même les plus difficiles, par contre, ce que je pourrais dire, c'est qu'il y a quelques minutes, quelques secondes où je ressens cette énergie qui est une sensation nouvelle, qui est tellement vive, qui est tellement...
présente chez moi et qui... C'est vraiment comme une grande lumière. C'est apaisant. Et je dirais que c'est dans ces moments-là que je vis une espèce de... Les plus beaux moments de ma vie... Oui, j'en ai avec mon fils et tout ça, que je me rappelle aussi, qui me font sentir extrêmement bien. Mais ces petits moments-là, c'est pur, c'est vif et c'est froid, évidemment.
Autour de moi, c'est congelé. Mais juste de sentir mon souffle qui sort de la bouche et je vois les cristaux, je vois des diamants qui sont là, tout autour de moi, qui brillent dans le soleil. il y a une énergie nouvelle qui vient pendant quelques minutes. Et là, je me dis, la vie, c'est ça. Et ces moments-là, ils sont ineffaçables.
C'est des moments qui me donnent toujours envie d'y retourner dans les moments complexes en milieu polaire. Sauf qu'à la fin de l'expédition, pour moi... lorsque j'ai vu les personnes au loin au Pôle Sud, j'ai vraiment dû m'accroupir, j'ai mis un genou au sol et je me suis dit au revoir à la personne solitaire que j'étais pendant toutes ces journées-là et à cette force-là, parce que de se déplacer en solitaire pendant aussi longtemps, ça m'a amené de certaines forces, et je me sentais forte quand je suis arrivée au Pôle-Sud, malgré la douleur et tout.
C'est une force mentale que j'ai reperdue, comme aujourd'hui, par exemple, je ne me sens pas la même femme, je me sens un peu plus faible, je ne me sens pas celle que j'étais quand je suis arrivée là-bas, où je... J'avais plus aucun doute. Je me sentais capable d'accomplir n'importe quoi. Donc, ce sentiment-là d'accomplissement est très fort.
Et peut-être que je vais y retourner pour me ressentir de la même manière. Ça, c'est certain. C'est un peu pour ça que je visite les régions polaires. C'est revenir à cette fille-là qui sent forte, en fait.
Est-ce que tu peux nous raconter les dernières centaines de mètres, les derniers mètres avant l'arrivée
UNKNOWN ?
À quel moment est-ce que tu vois les gens
UNKNOWN ?
Est-ce que tu sais
UNKNOWN ?
Est-ce que tu avais conscience que ça allait être fini dans X heures parce que tu savais précisément où tu étais
UNKNOWN ?
Qu'est-ce qui se passe par la tête quand tu aperçois ces points au loin et quand tu peux enfin toucher quelqu'un
d'autre
UNKNOWN ?
Je vais essayer de t'expliquer exactement comment je me sentais. Là-bas, c'est vraiment spécial parce que le pôle sud, on pense que c'est vaste. Il n'y a rien au pôle sud, mais en fait, il y a une université. Il y a des scientifiques qui étudient les conditions climatiques là-bas. Il y a une base, je dirais presque une base secrète, mais ce n'est pas une base secrète, mais c'est des endroits où il y a des terrains de recherche qui sont des gros bâtiments quand même.
Donc, on les voit vraiment au loin. Et pendant quelques kilomètres, On les voit. Et là, c'est complètement fou parce qu'on sait qu'on est là. Mais 40 km, c'est quand même long. On ne se rend pas tout de suite au bout des 40 km. Et on voit un petit truc qui brille, on voit un petit truc qui brille là.
Ça donne vraiment envie de tout donner, toute l'énergie qui nous reste pour arriver jusqu'au bout. Mais je ne pouvais pas physiquement, je ne pouvais pas faire tout ça en une journée. Et ce qui arrive, c'est qu'après quelques heures, on descend en altitude un petit peu. Donc, on perd les bâtiments et les bâtiments qu'on a vus au loin disparaissent.
Alors là, c'est un sentiment d'avoir perdu justement le retour à l'humanité, le retour à la société. C'est super difficile à vivre. Et là, moi, j'ai un trajet à suivre parce qu'il faut que je me déplace pour me rendre au Pôle Sud sans passer par le terrain de recherche. Donc, en gros, c'est un détour qu'il faut faire avec le compas.
Et j'arrive dans... dans cet itinéraire-là pour arriver au bout dans les derniers kilomètres. Et là, un autre whiteout arrive. Il fait moins 30. Il y a une espèce de brouillard immense qui arrive devant moi et je me sens un peu défaillir parce qu'il y a tellement eu de moments où je me sentais très...
Pleine d'énergie. Il y a des moments où je me sentais très faible. Et tout ça fait en sorte que mon énergie est vacille. Je me sens vraiment... Je me sens défaillir, pour vrai. Je sens qu'il y a eu trop de up and down, en gros, pour utiliser des mots en anglais. Mon cœur, je le sens, qui est essoufflé.
Mes pas, c'est vraiment... Je suis à la recherche d'un peu plus d'énergie. Même si je mange beaucoup, je n'arrive pas à reprendre mon énergie. Les derniers kilomètres sont comme ça un peu. Il y a moins d'air. Parce que sur l'épaule, il y a un peu moins d'air aussi. Puis, je suis aussi en hauteur. Fait qu'il faut savoir qu'on est essoufflé.
On est toujours un peu en recherche de plus d'air. Donc, j'arrive là-bas avec toute la pression du dernier mois. Et je sais que Vincent est là. Il me dit « Ok ». « Je t'attends, je t'attends là-bas. » À un certain moment, je le vois sortir du camp. Il y a une affiche qui dit « West Point ». Ça, c'est le dernier point.
C'est une affiche pour dire qu'on arrive sur la base officielle du Pôle Sud. Et là, je fais des sons avec ma voix. Je pourrais les réécouter, je ne reconnais pas ma voix. C'est une voix qui est enrouée, c'est une voix qui est différente parce que je n'ai plus rien à donner, même ma voix est changeante.
Et là, Vincent est là. J'arrive à peine à le saluer parce que je me dis comment j'arrive à communiquer avec cette personne-là encore. C'est la première personne que je vois et même si c'est mon conjoint, la personne que j'aime le plus dans ma vie, Je n'arrive pas à entrer en contact avec lui tout de suite.
C'est... Après avoir vécu tout ça en solitaire, c'est un moment où je sens que c'est complexe pour moi de retoucher à quelqu'un. Donc, je reste près de lui. Je vais jusqu'au bout. Je cherche mes mots. Je les trouve pas. J'ai les larmes qui coulent. Et puis, il y a quelqu'un qui compte le temps à mon arrivée pour être sûre qu'on a le décompte officiel pour le record qui a été battu.
Et... Et je dois m'arrêter, c'est ça, un genou au sol pour reprendre mes esprits après. Puis là, je prends une bonne respiration et je suis prête à reprendre contact avec tous ces gens-là. Il y a des gens qui ne comprennent pas trop d'où je viens parce qu'il y en a qui sont là, qui sont arrivés juste au pôle sud la journée même, qui viennent m'accueillir puis qui...
qui m'encouragent, mais en fait, personne ne comprend vraiment ce qui a été accompli pendant le dernier mois. Puis ensuite, c'est de rentrer à l'intérieur et il y a une petite tente avec des repas chauds qui sont à faire pour les gens qui arrivent au Pôle Sud. Donc, je me sens finalement en sécurité et ça, c'est quelque chose que je n'avais pas nécessairement vécu durant les 30 jours.
La sécurité d'avoir des murs autour de soi, on ne s'en rend pas compte à quel point ça peut être rassurant. Comme là, à l'extérieur, chez moi, il y a une grosse tempête de vent. Et juste de savoir qu'il y a ces murs-là, c'est tellement... Quelque chose que je ne me serais pas rendu compte avant qu'ils me mettent dans le confort.
On est tellement confortable avec ça. J'entre dans la tente et je me sens tout de suite rassurée. Je sens que je suis en sécurité et finalement que toute la pression peut redescendre.
Je ne sais pas si on te l'a déjà dit, mais je trouve que c'est ultra émouvant de t'entendre raconter ça, parce qu'un peu plus tôt, tu as étudié une analogie, tu parlais de la petite flamme, de l'étincelle, et quand je t'entends parler de toute cette expédition, j'ai cette image, en fait, tu vois, de cette personne, vraiment de cette petite flamme, un peu fragile, mais forte en même temps, mais cette petite flamme qui est là toute seule, au milieu du vent, de la tempête, du froid permanent, et qui avance, tu vois, petit à petit, mais qui avance quand même.
Il se trouve qu'elle avance très vite, mais elle l'échelle, tu vois, du pôle sud. Et là, ce que tu racontes, c'est l'arrivée de cette petite flamme qui a réussi à rester allumée, à brûler, tu vois, avec une flamme vive, mais quand même tout le temps un peu chahutée, etc. Et là, l'image des murs, c'est ça, en fait.
C'est bon, la flamme, elle peut... Elle n'est plus en danger, tu vois. Je trouve ça vraiment très émouvant d'entendre raconter cette aventure en solitaire comme ça. C'est hallucinant ce que tu as
fait. Oui, c'est... C'est étrange parce pour vrai, c'est une des premières fois que je suis capable de le raconter avec autant de mots. Je ne suis pas quelqu'un qui parle beaucoup, mais ça m'a pris jusqu'à aujourd'hui, je pense, pour arriver à avoir une certaine distanciation de tout ce qui m'est arrivé et de mettre les mots sur comment je me sentais là-bas parce que j'ai fait quelques entrevues à la radio juste après être arrivée au Pôle Sud.
Je pourrais dire que c'est horrible la façon avec laquelle je communique par rapport ce défi-là, j'ai l'impression que personne ne pourrait comprendre. Et pourtant, c'est juste moi qui n'arrivais pas à mettre les mots sur cette aventure-là. Maintenant, je pense que j'ai un peu plus de recul, puis je suis capable d'en parler en étant plus calme et pas en me remettant dans le stress des événements.
Peut-être que ça a été un peu quelque chose qui m'a... un choc, je ne dirais pas post-traumatique, mais quand même, j'ai été marquée par cette expérience-là. Maintenant, c'est bon. Je sens que je suis venu en contrôle et que je suis capable d'en parler.
Je vais te lire quelques lignes d'une auteure que j'aime beaucoup. Tu vas me dire ce que tu en penses. « J'aime apporter l'idée que vivre de l'inconfort peut parfois être bénéfique. Il est essentiel parce qu'il favorise la croissance personnelle en nous poussant hors de notre zone de confort et en développant la résilience.
Il stimule l'adaptabilité et l'apprentissage, nous motivant à améliorer notre situation. Face à l'inconfort, nous réévaluons nos priorités et renforçons notre confiance en nous. Aussi, il développe notre empathie et compréhension des difficultés des autres. » Je
ne sais pas trop, mais...
Signez Caroline Côté.
Je suis une grande fan de l'inconfort, puis... C'est la passion de ma vie, je pense, d'amener les gens à en vivre un tout petit peu. Mon métier maintenant de guide d'aventure, c'est d'aller dans des territoires comme ça, au Svalbard, au Greenland, d'amener des gens vivre des expériences qui nous amènent plus proche de...
de ce que c'est le confort parce qu'on peut toujours le vivre le confort un peu avec Leif mon petit garçon qui connait toutes sortes d'habitations maintenant que ça soit la tente comme on parlait au début ou notre maison ici dans notre petit village le confort on se le crée peut-être plus avec des situations avec les autres on peut être confortable en étant une équipe qui se soutient tout ensemble et avec les gens maintenant ce que j'aime c'est qu'on est au bout des défis qu'on se lance, puis parfois c'est pas facile, on a traversé le Svalbard récemment avec une équipe de 6 personnes et je pense que c'est des gens qui avaient pas tous beaucoup d'expérience là-dedans on en sort grandi d'avoir passé
à travers toutes sortes de moments où l'inconfort c'était lui qui menait le combat en gros, puis c'est C'est important dans ma vie, je pense.
En tout cas, quand je t'écoute, c'est vraiment marrant d'avoir... C'est vrai que je ne l'ai pas précisé, mais c'est un extrait du chapitre de Caroline dans le livre des Frappés. C'est très intéressant parce que je ne sais pas quand est-ce que tu as dû répondre aux questions, il y a peut-être un an et demi, deux ans.
C'est très intéressant de t'écouter et d'avoir en même temps tes réponses sous les yeux. C'est finalement exactement ce que tu es en train de nous dire sur l'inconfort Loïc,
j'imagine que dans ton livre, il doit y avoir énormément de passages qui sont inspirants aussi. J'ai vraiment hâte de lire et je vais me
le procurer vraiment bientôt. C'est gentil
quand même. Je ne pense pas qu'il y ait un livre avec autant de... Combien il y a de gens qui ont
participé à
l'écriture? Vous êtes 100. Il y a 100 chapitres, 100 invités. C'est incroyable. Oui, je pense que je vais me le procurer très vite. C'est quelque chose qui... Ce qui est important, peut-être pour moi, d'avoir aussi des témoignages de gens qui vivent la même chose dans le domaine de l'aventure. Moi, je m'inspire de...
de femmes aussi qui vivent les mêmes choses, mais pas nécessairement juste dans les milieux polaires, mais ça peut être dans la course, ça peut être dans le vélo, dans toutes sortes de choses, puis je pense que ton livre va peut-être m'aider à avoir une
vision toujours encore plus positive de l'aventure, c'est cool. Merci Caro, je te ferai des recommandations de chapitres, mais là tout de suite, tu vois, je pense à une femme qui est dans un univers très différent du tien, qui fait de l'aventure, alors très différent, elle elle fait tout en solitaire, mais c'est à vélo et c'est plutôt de l'itinérance lente.
Il n'y a pas du tout cette notion de record ou de performance, mais elle a par exemple traversé plusieurs fois l'Afrique en solitaire à vélo sur six mois et uniquement par des axes secondaires, voire des pistes en brousse, etc. Pour reprendre cette analogie que j'évoquais tout à l'heure de la flamme, c'est exactement ce que j'ai ressenti avec elle.
Elle explique, elle se retrouve au milieu d'une zone ultra reculée d'Afrique centrale et puis son dérailleur casse et puis en fait elle est à 4 jours de vélo du premier village et donc elle se débrouille pour faire une réparation avec du plastique et puis bon ça tient c'est vraiment incroyable ce type de récit celui-là en particulier je te le recommande je
t'enverrai le lien de l'épisode je pense que dans tous les petits détails quand on se retrouve parfois soit en solitaire ou dans des endroits comme ça vraiment reculer, c'est comment on arrive à gérer avec les petits imprévus et comment les petits détails prennent toute leur importance. Et ça, c'est le genre de lecture qui m'intéresse beaucoup aussi.
J'adore. J'ai deux questions pour toi. La première, c'est combien de temps il t'a fallu pour socialement ou même vis-à-vis de toi-même te te retrouver une fois que tu étais dans la civilisation. Et la deuxième, c'est... Bon, on va commencer par ça, parce que la deuxième est plutôt liée à ce que vous faites aujourd'hui, ce que tu fais aujourd'hui en termes d'activité professionnelle.
Commençons par ce retour, finalement, cette réintégration.
Au début, tu vois, je crois que ça va très vite et que je suis revenue en... Je dirais... j'ai l'impression d'être revenue totalement adaptée à la société normale après l'aventure vécue. Donc, je me dis, ah ben, ça y est, tout est cool, je sors avec les potes, je vais prendre un verre, je vais manger des bons repas, j'ouvre le pommeau de la douche, l'eau chaude est là, je sens que Oui, le physique a été touché, mais que tout est facile, tout est beau pour moi et c'est simple.
Par contre... rapidement après, j'ai cette espèce de moment. Je crois qu'il y a plusieurs aventuriers qui peuvent comprendre, mais à quoi ça sert? Qu'est-ce que je fais ici? Et en expédition, on ne se demande pas ces questions-là parce qu'il y a toujours un problème à régler. Il y a toujours justement les petits détails qui sont là qu'on doit travailler à chaque jour pour survivre, en gros.
UNKNOWN Donc, quand on revient ici,
Le fait d'avoir un café, on s'en va en prendre un au café du coin. C'est simple. On n'a rien à faire dans le procédé. On a seulement à se déplacer. On a une boisson chaude. On a tout ça. Donc, tout ça fait en sorte que Je me suis posé plusieurs questions. Je suis entrée en rédaction d'un livre parce que justement, j'avais le désir de réfléchir à tout ça, comment j'avais vécu.
Donc, il a fallu que je parte un petit peu de la ville pour aller me reposer mentalement. Je pense que d'un coup, j'avais été trop stimulée à mon retour. Fait que je suis allée... Je suis allée... en Bretagne un peu, avec mon conjoint, juste pour aller reprendre un peu mes esprits, puis voir quel allait être le futur pour moi.
Puis c'est peut-être à ce moment-là que j'ai décidé d'avoir un enfant. Peut-être que c'est ça qui m'a fait comprendre que mon désir, c'était de m'ancrer. Peut-être que j'avais vu pendant cette expédition-là que je n'avais pas eu d'ancrage et que j'avais envie de mettre des racines profondes Et c'est là que j'ai eu le désir d'avoir un petit garçon.
Et finalement, le désir de repartir est arrivé. Puis c'est pour ça que de ce temps-ci, depuis le Pôle Sud, je guide des groupes. Et je vais peut-être repartir dans une grosse expédition cette année pour traverser l'île de l'Esmer en solitaire. Donc peut-être avec plusieurs autres défis comme... l'environnement sauvage, le fait qu'il y ait un peu plus d'ours qu'au Pôle Sud, disons, un peu plus de goût.
Et aussi des terrains complexes à traverser. Donc, l'île d'Alesmaire, c'est en haut du Canada. Et je pense que d'aller là-bas, ça me ferait grand bien en ce moment, vu que Leif a maintenant deux ans et demi. Il pourrait rester un petit peu avec son papa pendant que j'accomplis ce grand
rêve-là.
Tu dis que c'est l'île de l'Esmer, c'est ça? L'Esmer, c'est peut-être peu connu, même au Canada. C'est vraiment l'archipel le plus au nord avant d'atteindre le pôle nord. Donc, c'est en haut de
Baffin ah d'accord ok donc c'est au dessus du passage du
nord-ouest exactement
d'accord Devon Island, c'est encore au-dessus de ça. Ah oui, d'accord. Ah oui, wow. C'est effectivement très, très au nord. Très, très au nord. Oh là là, ok. Et ça, ça a déjà été fait?
Non, ça n'a jamais été fait, donc il va falloir que tu gardes le secret. Ok, on ne dira rien. Non, non. Mais en fait, c'est mon désir pour soit cette année ou l'année suivante puis un grand défi parce que c'est encore plus éloigné puis l'équipe il n'y a pas d'équipe nécessairement là-bas qui peut me soutenir autant que lorsque j'étais allée au Pôle Sud et j'aurai la chance de t'en reparler si jamais ça se fait je t'en
glisserai avec grand plaisir c'est un toutes l'île est territoire inuite ou pas
du tout Oui, je dirais pas mal toute l'Amérique du Nord devrait appartenir aux Inuits et aux gens qui étaient là avant. Avant moi, bien sûr, mais les Inuits vont être dans mon village de départ qui est Grease Fjord. Ils font vraiment partie de mon aventure parce que j'ai un ami là-bas qui s'appelle Terry et qui connaît super bien le terrain, qui m'accompagne à aller jusqu'à mon point de départ.
Et c'est... C'est une aventure qui serait complexe à faire sans mes amis Inuits qui sont présents sur l'île de la Smaire. Mais c'est un endroit incroyable qui est encore assez peu visité. Et c'est ce
que j'aime du nord canadien. Quand on voit où c'est, oui, je viens de croire que c'est peu visité. Tes activités professionnelles, donc aujourd'hui, tu disais que tu guides, tu fais ça à ton compte, tu parlais d'une compagnie un peu plus tôt, c'est une compagnie que vous avez avec Vincent et Borghi ou c'est encore quelque chose de différent?
Oui, en fait, Vincent et moi, on fait découvrir la région ici à tout le monde, à des gens qui veulent découvrir un peu des milieux polaires. En fait, on a une petite bulle sur le glacier que je vous parlais, qui nous permet de faire des entraînements en milieu polar, mais c'est en Norvège, donc c'est pas...
C'est sur la neige, c'est près du glacier. Et, ben... justement, mon conjoint avec Borké ont une compagnie et on fait vivre des aventures vraiment plus longues, par exemple, dans le nord de Norvège, au Finnmark, où là, c'est des aventures à ski, souvent en autonomie, avec un guide. Et là, on traverse le Groenland de l'est à l'ouest ou de l'ouest à l'est, ou sinon, on va au Pôle Sud avec les gens, on va au Svalbard.
Donc, c'est aussi, c'est des grandes aventures, donc ça reste intéressant aussi pour moi de guider parce que ça reste les mêmes petits détails qu'on parlait tout à l'heure par rapport à est-ce qu'on a tout dans notre traîneau pour vivre un mois tout seul tout ça, c'est ce qu'on fait vivre aux gens puis ça reste sécuritaire parce qu'on a une bonne équipe qui nous permet de les amener puis dans En peu de temps, je m'en vais sur le voilier Sailor.
C'est une espèce de gros bateau qui a été fait par Sophie Galvanion. C'est elle qui a fondé ce projet-là. C'est un voilier qui amène les gens dans l'Arctique. Donc, c'est un voilier qui peut accueillir plusieurs personnes. Et moi, je vais avoir la chance d'aller sur le terrain, amener les gens du voilier, vivre une expérience très courte de deux jours sur la glace, sur la neige.
On va camper là-bas. Puis ça, ça se fait en mars. Et c'est un voilier qui est construit d'une manière ultra... C'est un voilier qui est vraiment nouveau style, qui a été conçu pour avoir le moins d'impact sur l'environnement
possible. C'est un projet super intéressant qui me motive. Ces propulsions vont évidemment, mais solaires aussi, c'est ça? Solaire, oui. C'est pareil, on ne dira rien à personne, mais il y a de fortes chances qu'il y ait un épisode avec Sophie très
bientôt. Tu vois, c'est quelque qui croyaient à la base à un changement dans l'industrie des Parce qu'on s'entend qu'aller en Arctique, ça peut vraiment créer des gros impacts sur le milieu. Quand on y va avec les mauvais navires, il y a de plus en plus de touristes qui vont. Donc, il faut juste s'assurer d'y aller avec un navire qui est fait pour laisser le moins d'impact possible.
Puis, c'est ce que Sophie... a créé et pour ça je suis vraiment
fière de participer à son projet en tant qu'ambassadrice c'est marrant je réagis très rapidement quand tu parlais des petits détails que c'est ça que vous essayez d'apporter quand vous guidez etc les petits détails qui font la grosse différence c'est marrant parce que tu sais que très souvent en tout cas quand j'ai des invités et qu'on parle des milieux polaires des expéditions dans le froid très souvent je parle d'un petit détail Vincent m'avait partagé, donc du coup, il y a des années aussi, où il m'expliquait qu'un des accessoires indispensables quand tu pars en expédition, c'est ta petite brosse pour nettoyer les fermetures éclairs.
Et c'est quelque chose, comme je ne suis pas du tout dans le milieu, jamais j'aurais pensé à ça, tu vois. Mais du coup, je le mentionne assez souvent. Le petit détail qui fait toute la différence, sans doute, entre une expédition réussie ou pas, c'est d'avoir sa petite brosse pour les fermetures
éclairs. Oui, tu as raison. Et J'espère que vous allez avoir la chance de vous reparler parce que je suis certaine qu'il va pouvoir te parler de sa nouvelle expédition. Mais pour moi, la différence dans mon expédition, c'est d'avoir sa cuillère. C'est une cuillère qu'il m'a donnée quand on s'est rencontrés en 2019 en Antarctique justement.
Lui, c'était le guide. Moi, je filmais l'expédition et Vincent m'avait donné sa cuillère parce que la mienne avait brisé et depuis ce temps-là, j'ai la sienne et ça, ça fait toute la différence, parce que parfois, c'est pas d'avoir le meilleur équipement possible qui fait aussi une différence, c'est d'avoir l'impression qu'on a un petit quelque chose qui est important dans notre quotidien, puis ça, ça me mettait toujours, ça me donnait toujours un petit plus de l'énergie positive au début de ma journée, puis ouais, je
vais
toujours la garder.
Très pratique pour manger du beurre à la cuillère. À la cuillère. Excellent. S'il y a des gens qui sont intéressés pourquoi pas pour partir sur des expéditions le meilleur moyen avec toi ou Vincent bien sûr le meilleur moyen de se renseigner c'est quoi c'est votre site internet c'est les réseaux
oui on vient de refaire le site web il est super le site web c'est Ouslande Colliard vous allez le trouver facilement sur le web puis sinon vous m'envoyez un petit message et je vais avoir beaucoup de plaisir probablement à vous répondre puis sinon aussi pour dire toutes les questions sur le matériel on aime vraiment ça aussi donner des conseils là-dessus je pense que pour moi ça fait partie de mon métier aussi de redonner aux gens qui sont plus jeunes que moi je pense que j'ai envie aussi de commencer à partager ce que je vis avec quelques personnes et ça me crée un certain plaisir de donner plein de conseils d'équipement.
J'adore avoir ce genre de discussion-là. N'hésitez pas. Tous les liens sont en description et je suis sur le site. Effectivement, ce landclaw, il est magnifique. C'est toi qui as fait les plans vidéo? C'est quand même ton expertise
aussi? Oui. Je te raconte tout ça rapidement. Avant de faire des expéditions polaires, j'étais en publicité à Montréal. J'avais appris à faire des sites web. J'ai collaboré sur ce projet-là. De personnes qui étaient en publicité dans les bureaux montréalais au Pôle Sud. J'ai créé le site web
Ouslande Colliard. Excellent. Trop bien. Bravo. Écoute, Caro, c'était un immense plaisir plaisir de rééchanger avec toi. Je me suis absolument régalé. Il ne faut pas qu'on attende six ans pour faire le prochain. On va s'organiser ça dès que ton expédition canadienne est confirmée. Et puis, on se donne rendez-vous pour le prochain épisode.
UNKNOWN Et avant six ans. Oui, avant six ans.