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Psychiatrie Internationale

Trois médicaments sur une île déserte

Samstag, 22. November 2025 · 15 min

MP3

Shownotes

Une île déserte, un million d’habitants et trois médicaments. On emporterait lesquels ? Le lithium sort immédiatement – on est d’accord avec Clara. Pour la suite, ça diverge pas mal.
Le troisième n’est pas évident
Quétiapine, metformine, pramipexole… On fait le tri, on hésite, on se contredit. Derrière ce petit jeu, il y a une vraie question : ce qu’on attend d’un médicament et ce qu’on est prêt à supporter pour qu’il continue à nous aider.
Dire les risques puis laisser décider
La discussion dérive vers les reins, le poids, la grossesse et l’arrêt des traitements. Réciter une notice ne règle pas tout. On parle de ce que le médecin doit expliquer, de ses propres inquiétudes et de la place que le patient garde dans la décision.

À lire aussi – lithium et quétiapine
* Lithium à faible dose : discussion de l’approche de Ghaemi (psychiatrieinternationale.com/p/lithium-faible…)
* Quétiapine : arrêt, sevrage, perte de poids et alternatives (psychiatrieinternationale.com/p/ruptures-de-qu…)
Point de vigilance scientifique
Cette section est rédigée avec l’IA.
Cette vidéo est une conversation clinique, avec des raccourcis et des souvenirs d’études. Les choix du jeu ne constituent pas une ordonnance pour tous. Le lithium exige notamment une surveillance et une attention aux interactions, dont les anti-inflammatoires. Recommandations NICE (nice.org.uk/guidance/cg185/chapter/recommendat…).
Dire que le pramipexole marche ne dispense pas d’études. PAX-D (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40602411) apporte un résultat favorable dans la dépression unipolaire résistante, en ajout à un antidépresseur. Les arrêts pour effets indésirables étaient de 20 % contre 5 % sous placebo. Un rectificatif (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40683279) existe ; son texte complet n’a pas pu être consulté ici.
Sur les reins, « pas de souci » est trop catégorique. La cohorte suédoise de 2023 (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37418264) est plutôt rassurante face au valproate, mais la méta-analyse de 2026 (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41727809) retrouve une fonction rénale moyenne plus basse sous lithium. Et une cohorte de 2025 (pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11846072) suggère un ralentissement du déclin après l’arrêt. Ce résultat observationnel ne garantit pas un bénéfice chez chaque patient.
Pendant la grossesse, il faut regarder les deux côtés. Une grande cohorte de 2017 (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28591541) retrouve une augmentation du risque de malformations cardiaques ; une cohorte publiée en 2026 (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42415243) apporte aussi un signal de prématurité. Le « 70 % » évoqué oralement n’est pas un risque individuel universel : les 71 % de l’étude de 2007 (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18056236) portent sur toute la cohorte et sur plusieurs thymorégulateurs.
La quétiapine à 50 mg a bien fait l’objet d’un essai publié dans l’anxiété généralisée (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21694613). Ça ne permet pas de confirmer l’histoire d’une autre étude enfouie, qui n’est pas identifiée. L’essai pédiatrique sur le lithium (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26459650) concerne des épisodes maniaques ou mixtes de trouble bipolaire I. Enfin, l’arrêt brutal peut compliquer les essais d’entretien, mais on ne peut pas attribuer toutes les rechutes au seul sevrage : la revue Cochrane (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32840872) retrouve un bénéfice du traitement d’entretien de la schizophrénie.
Sources scientifiques – choix des psychotropes et risques
* Pramipexole augmentation for the acute phase of treatment-resistant, unipolar depression: a placebo-controlled, double-blind, randomised trial in the UK (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40602411) – Ajout de pramipexole dans la phase aiguë d’une dépression unipolaire résistante : essai randomisé, en double aveugle, contre placebo, au Royaume-UniThe Lancet Psychiatry, 2025. Essai d’augmentation chez 150 adultes analysés. Bénéfice à 12 semaines ; arrêts pour effets indésirables plus fréquents. Cela ne valide pas toutes les indications.
* Kidney function decline improves after lithium discontinuation (pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11846072) – Le déclin de la fonction rénale ralentit après l’arrêt du lithiumJournal of Internal Medicine, 2025. Cohorte rétrospective de 168 personnes, comparées avant et après l’arrêt. Signal de ralentissement du déclin, sans preuve causale ni garantie individuelle.
* Absolute and Relative Risks of Kidney Outcomes Associated With Lithium vs Valproate Use in Sweden (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37418264) – Risques absolus et relatifs d’événements rénaux associés au lithium comparé au valproate en SuèdeJAMA Network Open, 2023. Cohorte de 10 946 nouveaux utilisateurs, comparateur actif. Pas de différence nette de progression rénale globale ; les lithémies élevées restent préoccupantes.
* Lithium nephrotoxicity: a systematic review and meta-analysis of lithium versus non-lithium control studies in patients with affective disorders (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41727809) – Néphrotoxicité du lithium : revue systématique et méta-analyse d’études avec et sans lithium dans les troubles de l’humeurTherapeutic Advances in Psychopharmacology, 2026. Fonction rénale moyenne plus basse sous lithium. Forte hétérogénéité ; une association non significative avec la maladie rénale chronique ne démontre pas l’absence de risque.
* Lithium Use in Pregnancy and the Risk of Cardiac Malformations (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28591541) – Lithium pendant la grossesse et risque de malformations cardiaquesThe New England Journal of Medicine, 2017. Cohorte de naissances vivantes : 2,41 % contre 1,15 % de malformations cardiaques. Association ajustée, pas prédiction individuelle ni consigne d’arrêt.
* Lithium Use in Pregnancy and the Risk of Spontaneous Preterm Birth: An Australian Statewide Retrospective Cohort Study (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42415243) – Lithium pendant la grossesse et risque de naissance prématurée spontanée : cohorte rétrospective australienneBJOG, 2026. 867 454 naissances, dont 234 exposées. Associations avec prématurité et malformations cardiaques ; peu de grossesses exposées et confusion résiduelle possible.
* Risk of recurrence in women with bipolar disorder during pregnancy: prospective study of mood stabilizer discontinuation (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18056236) – Risque de récidive chez les femmes bipolaires pendant la grossesse : étude prospective de l’arrêt des thymorégulateursAmerican Journal of Psychiatry, 2007. 89 femmes. Le chiffre de 71 % porte sur la cohorte entière et plusieurs thymorégulateurs, pas sur chaque femme qui arrête le lithium.
* A randomized, double-blind study of once-daily extended release quetiapine fumarate (quetiapine XR) monotherapy in patients with generalized anxiety disorder (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21694613) – Quétiapine à libération prolongée en monothérapie dans le trouble anxieux généralisé : essai randomisé en double aveugleJournal of Clinical Psychopharmacology, 2011. Essai publié de 951 adultes, incluant 50 mg/j. Effet sur l’anxiété et effets indésirables à considérer. L’étude prétendument enfouie dans la vidéo n’est pas identifiée.
* Lithium in the Acute Treatment of Bipolar I Disorder: A Double-Blind, Placebo-Controlled Study (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26459650) – Lithium dans le traitement aigu du trouble bipolaire I : essai en double aveugle contre placeboPediatrics, 2015. 81 jeunes de 7 à 17 ans, épisodes maniaques ou mixtes. Résultat spécifique ; aucune validation générale de toute prescription pédiatrique.
* Maintenance treatment with antipsychotic drugs for schizophrenia (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32840872) – Traitement d’entretien de la schizophrénie par antipsychotiquesCochrane Database of Systematic Reviews, 2020. 75 essais. À 7–12 mois, rechutes : 24 % sous antipsychotique contre 61 % sous placebo. Le biais du …

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